Samedi 7 novembre 2009

Ca y est. Le temps est venu pour moi de tourner une page de ma vie de bloggeur. Avec la naissance de mon fils, et mon entrée prochaine dans la profession d'avocat, j'ai souhaité marquer un peu le changement en repartant de zéro... avec un nouveau blog.

Ce blog, c'est "Feoh21" ! Le concept est différent, mais vous continuerez y à lire mes analyses, articles, prises de positions et autres humeurs politiques. Je vous signale également que "Feoh21" dispose désormais d'un compte twitter, qui non-seulement vous tiendra informé des actus du blog, mais aussi d'autres brèves (les "tweets").

L'aventure continue... le chemin est juste un autre. L'essentiel reste les idées, encore les idées, toujours les idées !

Pour vous rendre sur "Feoh21", cliquez sur le logo ci-dessous. Et pensez à renouveler vos listes de favoris !! :)


Par Benoit PETIT
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 27 octobre 2009
En surfant un peu sur Youtube, je suis tombé sur cet extrait fabuleux du "Eric Clapton Crossroad Guitare Festival" de 2004 (ahhh... pourquoi n'a-ton pas des festivals de cette trempe là, dans la région ?).

Voici l'immortel Steve VAI, l'un des deux-trois plus grands guitaristes du monde, sans doute celui qui a le style le plus "électrique", dans une énormissime prestation. Vous avez rarement vu jouer de la guitare comme celà, croyez-moi... une surprise en milieu de vidéo, tout simplement bluffant !!

Et en plus, la zic est excellente... mais que demander de plus ?!

Allez, pause-détente devant les ordis, on agrandit la vidéo en plein écran, et on se laisse transporter pendant 8 minutes sans Jean Sarkozy, sans Maryse Joissains, sans Frédéric Lefebvre... just Paradize !



Par Benoit PETIT - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 25 octobre 2009

Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, la vie politique aixoise continue de se singulariser par son grotesque. Cette fois-ci, c’est à la Communauté d’agglomération du Pays d’Aix que se révèle (si besoin en était encore) toute l’ampleur de la farce démocratique que les amis de Madame JOISSAINS nous jouent depuis des mois… des années ! Et parmi les nouveaux personnages qui se mettent désormais en scène, Monsieur Jean-Pierre SAEZ, Maire (UMP) de Venelles et Vice-président communautaire en charge du Développement durable (on en rit… jaune) dont on apprend, en lisant le compte-rendu de séance publié par Nicolas REY de « La Provence », qu’il se serait fendu en pleine séance d’un fort élégant : « vos conflits aixois, on en a rien à foutre ici ».

 

Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer lors de cette séance communautaire pour mettre M. SAEZ dans pareille colère ? La réponse laisse perplexe. Suite à la démission d’un conseiller communautaire aixois de la majorité de Mme JOISSAINS (lequel était à la fois salarié et élu de l’institution… art. L.5211-7, II, al.2 du Code général des collectivités territoriales), la place laissée vacante n’a pas été repourvue. Sachant que le nombre de sièges réservés aux « Aixois » est de 48, et que le nombre de conseillers municipaux de la majorité de droite est de 42 (tous conseillers communautaires), remplacer le démissionnaire implique de facto de faire appel à un conseiller municipal de… l’opposition. Impensable pour le clan « Joissains » et leurs amis UMP-Nouveau Centre.

 

Question : que se passe-t-il lorsqu’une place de conseiller n’est pas pourvue au sein d’une délégation ? L’article 5211-8, al.5 du Code général des collectivités territoriales dispose que lorsqu’un conseil municipal néglige ou refuse de désigner ses délégués, seuls le Maire et son premier-adjoint ont le droit de voter au sein de l’institution communautaire. En l’occurrence, la délégation aixoise n’étant plus au complet depuis la démission, seuls Maryse JOISSAINS et Jean CHORRO sont légitimes pour représenter la Ville… en tout cas jusqu’à ce que la « négligence » soit comblée, c’est-à-dire le temps de désigner normalement le nouveau conseiller communautaire de l’opposition. C’est sans doute difficile à avaler pour la droite aixoise, mais c’est la Loi. Une institution qui n’est pas régulièrement composée, n’est pas légitime pour prendre des décisions. Soit ils acceptent qu’un nouvel élu communautaire d’Aix, issu de l’opposition, vienne combler le siège laissé vacant, soit ils assument de ne représenter la Ville qu’à deux élus. Mais à défaut de choisir entre l’une ou l’autre hypothèse, ils risquent fort d’entacher toutes les futures décisions de l’institution par une sévère illégalité.

En tout état de cause, après la démission d’un conseiller communautaire, l’institution ne peut pas se comporter comme si rien ne s’était passé, sans jamais désigner de successeur au démissionnaire (alors qu’il existe des successeurs possibles), encore moins s’entêter à refuser d’appliquer la procédure prévue à cet effet par la Loi. D’autant que l’incompatibilité qui a provoqué la démission était parfaitement anticipable (puisqu’évidente), et si blocage il y a aujourd’hui, c’est uniquement en raison de la légèreté avec laquelle la CPA est gérée et administrée.

 

Alors clairement, le « rien à foutre » de M. SAEZ est ahurissant de surréalisme. Il me rappelle ces types qui gueulent parce que les gendarmes les ont piqués en excès de vitesse sur l’autoroute. Ben ouais, t’arriveras moins vite à destination, mais la prochaine fois, t’auras qu’à respecter les règles !

Mais qu’est-ce donc que cette mentalité qui consiste à dire que ceux qui soulèvent une question de droit – de surcroît essentielle, car elle a des conséquences directes sur l’argent du contribuable et l’aménagement de notre territoire – ne sont finalement que des emmerdeurs ? Faut-il comprendre derrière les (gros) mots de M. SAEZ que l’on peut finalement s’accomoder des règles légales, réglementaires et statutaires, dès lors que la majorité politique le décide ainsi ? Personnellement, j’appelle cela une « République bannanière ». Et tant qu’à s’arranger avec les règles, pourquoi ne pas carrément choisir son oppos… pardon, ça a déjà été tenté par Maryse JOISSAINS au premier Conseil municipal d’après les élections 2009.

 

Hélas, en Pays d’Aix, ceux qui sont au pouvoir s’autorisent des comportements qui n’ont pas lieu d’être en République : accusations violentes et sans fondements contre le Conseil d’Etat, brimades systématiques contre l’opposition, dénigrement du droit élémentaire de déposer un recours contre des élections douteuses, refus d’appliquer la Loi sur l’instauration des Conseils de quartiers… Pour les proches de Maryse JOISSAINS, il est essentiel de faire passer l’idée (saugrenue) auprès de l’opinion qu’ils sont des victimes…

Des victimes ? Peut-être, mais uniquement de leurs propres turpitudes ! Ras-le-bol de ce système pervers qui veut que tout un tas de blocages se manifeste chaque mois, uniquement parce que les décideurs sont incapables de respecter les règles du jeu dès le départ. Assez de se faire donner des leçons par des élus qui ignorent les problèmes juridiques, en fonction de leurs petits intérêts et de leurs grands caprices. Marre de lire régulièrement les dérapages verbaux de ceux qui, soit disant, nous représentent. Le Pays d’Aix vaut mieux que cela. Le Pays d’Aix peut mieux que cela.

 

Allez. Patience. Un jour prochain, c’est sur, le Pays d’Aix retrouvera sa dignité politique…   

Par Benoit PETIT - Publié dans : Aix et Pays d'Aix
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 21 octobre 2009


http://www.delitsdopinion.com/wp-content/uploads/2009/07/%C3%A9lections-r%C3%A9gionales.jpg


Il est donc question de supprimer les Conseillers généraux et régionaux en 2014, et de les remplacer par des « Conseillers territoriaux » qui siégeront dans les deux institutions (élégante façon de faire disparaître les Conseils généraux…). Dont acte.


Mais question : comment seront élus ces futurs « Conseillers territoriaux » ? Je me pose d’autant plus la question que le redécoupage « Marleix » de nos circonscriptions est plus que discutable au niveau de son impartialité, et qu’il se murmure ici et là que le mode de scrutin des Conseillers territoriaux pourrait n’être qu’un test en vue d’une prochaine réforme de nos législatives… Autant savoir tout de suite si l’Elysée nous prend, encore une fois, pour des imbéciles.


Si l’on en croit le projet actuel, les choses se dérouleront de la façon suivante : l’élection se déroulera sur un seul dimanche. Fini donc les deux tours de scrutins qui sont la tradition française. 80% des conseillers territoriaux seront élus au scrutin uninominal à un tour (en décodé : le candidat qui arrive en tête du tour unique gagne, quelque soit son score), et 20% seront élus au scrutin à la proportionnelle (en décodé : à partir d’une liste de candidats présentés par les partis, et élus selon les proportions de voix qui se dégagent du scrutin).


L’arnaque est flagrante. Jusqu’à présent, aux premiers tours de nos élections, c’est généralement les candidats UMP qui arrivent en tête. Non pas parce qu’ils sont super-populaires, mais parce que l’UMP s’est construit comme le parti unique de la droite, face à une gauche et un centre qui pratiquent le pluralisme partisan. Donc à moins de contraindre la gauche et le centre à créer un parti unique de l’opposition (pas avant 2112 !), les conseillers territoriaux seront très majoritairement UMP.


Et le « correctif » de la proportionnelle n’y changera rien. 20%, c’est ridicule. Juste des « clopinettes » sensées donner l’illusion d’une représentation plurielle. Sans doute la petite illusion concédée au Nouveau Centre qui, faut-il le rappelé, s’était engagé en 2007 à convaincre le Président d’adopter la proportionnelle… promesse jusqu’à présent piétinée par l’Elysée… et encore aujourd’hui, selon toutes apparences.


Car si Nicolas SARKOZY avait voulu engager la proportionnelle, afin de respecter et de cultiver le pluralisme politique et républicain, il aurait adopté le système allemand d’élection. Quel est-il ?


Les élections se passent à un tour de scrutin. Chaque électeur dispose de deux voix, une première destinée à élire son député de circonscription (mandat dit « direct »), une seconde destinée à élire une liste présentée par les partis politiques. A la fin du dépouillement, l’on retient prioritairement le score proportionnel réalisé. C’est à partir de lui que l’on définit le nombre de sièges attribués aux partis politiques. Ensuite, l’on regarde combien chaque parti dispose de « mandats directs » (sachant que les mandats directs constituent environ 50% des sièges à attribuer). Enfin, on compense le reliquat d’élus en puisant dans les candidats de liste (les mandats dits « de liste »).


Ce système – qui a été envisagé par Léon BLUM en son temps – a le mérite à la fois de respecter la proportionnelle intégrale (et donc la réalité du pluralisme politique), et de satisfaire aux impératifs de proximité qui doivent unir un élu à son territoire. Rien à voir donc avec le projet de Nicolas SARKOZY, puisqu’en Allemagne, tous les partis ont une chance d’avoir des élus, y compris s’ils font le choix de ne pas se dissoudre dans un parti unique, au nom de l’identité de leur pensée politique.


Car il est bien là, le problème. Nous avons un Etat UMP, nous aurons demain des régions UMP, et à moins de constituer un parti unique de l’opposition – et donc d’abdiquer sur le terrain des idées – l’alternance sera hypothétique.

Quand on vous dit que la République est en danger… et encore, je ne vous ai pas raconté le coup des « métropoles »…

Par Benoit PETIT - Publié dans : Polémiques
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 17 octobre 2009

Plus le temps passe, et plus la majorité présidentielle dévoile sa dimension franchement anti-républicaine. On a eu droit (et toujours aujourd’hui) à l’instrumentalisation politique de la Justice en vue de démanteler son indépendance. On a eu droit aussi aux généreux cadeaux fiscaux et autres avantages qui ont été concédés aux grandes fortunes de ce pays tandis que la moitié du pays se bat pour bouffer. Sans parler des « EDVIGE » et autres « HADOPI » qui ont pour seule ambition que de mieux nous fliquer au quotidien ; de la « laïcité positive » destinée à réintroduire dans le jeu politique les phénomènes religieux ; du soutien objectif de la droite à la grande distribution, contre les intérêts vitaux de nos producteurs, de nos agriculteurs et de nos pêcheurs ; des bonus des tradeurs qui perdurent dans l’outrage ; des gars de Gandrange qui n’en peuvent plus des mensonges et des humiliations infligés par l’exécutif ; de cette fichue capitalisation de la Poste qui ne présage rien de bon pour les territoires ; de la présomption d’innoncence qui est systématiquement baffouée par le Président dans les médias ; des propos inacceptables du Ministre de l’Intérieur ; des actes encore moins acceptables du Ministre de l’Immigration ; du tripatouillage à peine voilé de la carte électorale… Et que dire de l’affaire « Jean SARKOZY », fils de son Président de père, qui, du haut de ses 20 et quelques années, et fort du soutien de ses mentors (les Balkany), compte s’installer à la présidence de l’EPAD avec tout l’appui de l’Elysée ?

 

Nicolas SARKOZY nous avait promis la « rupture » ? Et bien il n’a pas menti… Nous vivons actuellement une rupture sans précédant avec la tradition républicaine française, laquelle était fondée sur la séparation des pouvoirs et la solidarité nationale. Partout autour de nous, quel que soit le milieu socio-professionnel visé, nous assistons au délitement des liens qui unissaient les Français aux autres. L’objectif politique du sarkozisme n’a rien à voir avec l’exercice démocratique et équitable du pouvoir : il a tout à voir avec la restauration du pouvoir absolu d’un homme, d’un clan, d’une doctrine néo-conservatrice qui considère que les valeurs sociétales fondamentales sont l’individualisme, l’élitocratie, et une pseudo-morale unique qui laisse finalement peu de libertés aux gens… ces mêmes gens que l’on tente, par tous moyens (grippe A, peur des récidivistes, bandes des cités…) de maintenir dans un sentiment permanent de fausse insécurité parce que les angoisses rendent les gens plus « dociles ».

 

Rien de ceci n’est une surprise, en tout cas pour ceux qui ont fait campagne contre Nicolas SARKOZY en 2007. Mais quid de ceux qui y ont cru ? Quid de tous ces électeurs qui ont sincèrement pensé que la « droite nouvelle », décomplexée et assumée, allait répondre à leurs espérances les plus élémentaires ? Je ne parle pas des grands capitaines d’industrie ou des ultra-libéraux, mais de toutes ces personnes qui constituent la droite modérée, chrétienne-démocrate ou gaulliste, en tout cas absolument pas villiériste ou hortefeu-yenne… tous ces patrons de PME-PMI, tous ces agriculteurs, toutes ces familles des classes moyennes, bref, cette droite républicaine qui considérait, comme fut un temps, que l’on pouvait parfaitement concilier l’économie de marché avec le progrès social, que l’intérêt général était supérieur aux intérêts capitalistes, que le pluralisme politique était une valeur essentielle du Pacte républicain… Mais ou donc est passée cette droite-là, si ce n’est dans les oubliettes de l’Elysée ?

 

Finalement, la première des ruptures sarkoziennes, c’est la rupture au sein de la droite elle-même : DE GAULLE, CHABAN-DELMAS, LECANUET, BARRE, VEIL, SEGUIN… plus rien (ou si peu) ne subsiste de leurs pensées. Aujourd’hui, la parole de la droite c’est Frédéric LEFEBVRE, Xavier BERTRAND, Christian ESTROSI et autres Nadine MORANO (quand ce n’est pas Christian VANNESTE !!). Bonjour la régression. Merci la rupture !

 

Sans doute que cette droite modérée s’est laissée abusée par un style, celui du jeune manager déterminé et actif qui passe si bien dans les médias. Par un message aussi, celui d’une révolution générationnelle qui pousse les « vieux barons » à la retraite et qui installe des têtes neuves à leur place. Mais est-ce suffisant pour excuser l’abandon de sa propre identité ?

 

Je veux dire par là que la droite modérée, même abusée par l’image travaillée du candidat SARKOZY, n’avait pas le droit de laisser tomber le débat d’idées, encore moins de cesser de faire fructifier l’héritage idéologique varié qu’elle a reçu de ses aînés. L’instauration de la Sécurité sociale aux lendemains de la guerre, l’intéressement et la participation sociale, la construction européenne, l’indépendance militaire, la création des Lois de Financement de la Sécurité sociale, la majorité à 18 ans, la loi sur l’IVG… tout cela (et d’autres choses), ce sont des combats, des engagements collectifs qui ont fait progresser la société. Par égards à ceux qui ont porté, parfois jusque dans leur chair, ces valeurs et ces réalisations, la droite modérée a un devoir d’en préserver l’intégrité et l’esprit, notamment dans ses actions d’aujourd’hui.

 

Faut-il que la situation soit grave pour que les chrétiens-démocrates, les radicaux valoisiens, les gaulistes de gauche et les socio-libéraux acceptent de se présenter sur des listes communes avec les villiéristes, les ultra-conservateurs, les liberaux-libertariens, les réacs et autres droites souveraino-néo-nationalistes. Oh. La droite modérée à certes préservé ses intérêts électoralistes, tous ces petits strapentins parlementaires et municipaux qui donnent l’impression qu’on est importants alors qu’en réalité, plus personne ne nous écoute ni ne nous considère. Mais cela ne change rien à la vérité : la droite modérée est, depuis la création de l’UMP et encore plus depuis l’élection de Nicolas SARKOZY, plongée dans un coma profond, incapable de réagir contre la moindre des atteintes à ses valeurs, péniblement maintenue en vie par quelques maigres perfusions électoralistes, mais en tout état de cause condamnée à être complice de sa propre négation jusqu’en 2012 et au-delà.

 

La droite républicaine modérée, telle que nous la connaissions jusque dans les années 1990, est belle est bien morte. Et ce ne sont ni Dominique de VILLEPIN, ni Jean-François COPE, ni Jean-Louis BORLOO qui la réssuciteront, ayant si activement participé à son agonie fatale. Il faut que les Français comprennent bien – et en premier lieu les électeurs traditionnels de la droite modérée – que l’élection de Nicolas SARKOZY nous a fait reculer plus de 100 ans en arrière, à l’époque où la droite était hostile à la République et à la cohésion sociale égalitaire, et où elle pronait un régime autoritaire, centralisé et monarchisé. Remplacez les hauts-de-forme et les calèches par des costumes-cravates et des C5, et vous verrez à quel point l’Histoire se répète…   

  

Par Benoit PETIT - Publié dans : Polémiques
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 10 octobre 2009

Notre Sécurité sociale va mal. En partie parce qu’elle repose sur des logiques qui ne sont plus adaptées à notre époque – notamment le fait d’organiser la solidarité à partir de la force salariale, alors que le chômage est important et que les bas salaires explosent depuis 30 ans -  mais aussi parce que la politique de la droite, depuis 2002 (et de manière plus affirmée, depuis 2007) s’évertue à déconstruire les choses qui, malgré le temps, fonctionnaient bien. Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale pour 2010 est particulièrement illustratif de ce « mal UMP » qui ronge nos modèle social. 


Les chiffres tout d’abord, ne sont pas bons. Surtout pour une famille politique qui détient tous les pouvoirs institutionnels depuis 8 ans. Sortons du raisonnement la part du déficit qui s’explique par la crise actuelle, pour ne retenir que les 10 milliards d’euros de déficit structurel qui plombent notre Sécu : la machine sociale fonctionne en sur-régime, les dépenses sociales étant massivement plus importantes que les ressources. Dans pareille situation, il n’y a que deux choix possibles pour tenter de rétablir l’équilibre : augmenter les ressources ou baisser les dépenses. Clairement, l’UMP a toujours opté pour la seconde solution.


Pour des raisons idéologiques : augmenter les ressources, c’est augmenter les prélèvements obligatoires, un peu sur les foyers, beaucoup sur les entreprises. Cela va à l’encontre des fondements pro-libéraux de la majorité présidentielle. Pour des raisons économiques et sociales : les salaires ont atteint un coût social trop important pour les entreprises qui, dans une période comme la notre, se privent en conséquence d’embaucher. Pour des raisons politiques enfin : la droite à une longue culture de baisse des charges patronales, au point qu’elle ne peut pas opérer comme cela un virage à 180°.


C’est donc la solution de la baisse des dépenses sociales qui est dogmatiquement déployée entant que politique publique. Baisse par une énième hausse du forfait hospitalier, par l’instauration de franchises médicales, par les déremboursements de médicaments… baisse par la traque aux fraudes (une bonne chose !)… bref, baisse par tous les moyens possibles et imaginables, quitte à tirer un peu abusivement sur la corde.


Mais il est un autre paramètre que le déficit structurel qui condamne la politique du Gouvernement : les besoins de dépenses ne cessent d’augmenter d’année en année dans la population, essentiellement parce que les classes moyennes se paupérisent et que la pauvreté d’une manière générale progresse. Le chômage, les maladies professionnelles, les accidents du travail, les petites retraites… ce sont la réalité des Français, et les besoins qu’elle génère ne peuvent plus être purement et simplement ignorés, comme c’est dramatiquement le cas depuis 2002.


Contrairement à ce que postule la culture sociale « UMP-Nouveau Centre-Villiéristes », ce n’est pas en désengageant l’Etat de la Sécurité sociale que l’on arrangera la situation. Les besoins sociaux, on ne les tait pas, on y répond (durablement si possible). Et même l’argument de la dette publique n’y changera rien : la preuve, depuis 8 ans que la droite organise la réduction massive des dépenses sociales, la Sécu reste en déficit structurel… Non. La solution n’est pas dans les dépenses. Elle est dans les ressources, qu’il faut augmenter d’une manière ou d’une autre.


Comment est financée la Sécu ? Pour une large part, par les finances de l’Etat. Pour l’autre part, moins importante mais tout de même substantielle, par les cotisations que versent les entreprises et les salariés. C’est cet équilibre là qu’il faut changer.


Partons d’un autre présupposé : plutôt que de ponctionner la force salariale, dont on sait très bien qu’avec le « papy boom » elle va être de moins en moins capable d’assurer le système, il nous faut organiser la solidarité à partir d’une communauté plus vaste que celle des travailleurs. La Nation, par exemple. On peut donc imaginer des allègements massifs de cotisations sur les salaires, pour les entreprises et les salariés (histoire de relancer un peu le pouvoir d’achat et la consommation), compensés par un nouveau système fiscal dont les cibles seraient : la consommation (la « TVA sociale »), la valeur-ajoutée des entreprises, la taxation des produits polluants et non-sains qui allourdissent (directement ou indirectement) les dépenses de santé. En somme un système fiscal qui diversifie ses cibles d’intervention, parce que la Justice sociale, mais dont l’étendue nouvelle permet d’augmenter les ressources sociales.


Et parce que l’Etat social, même avec une solidarité nationale redéployée, ne pourra sans doute pas absorber la masse de tous les besoins sociaux, il faut en conséquence penser à une autre manière de transférer les dépenses sociales vers le secteur privé. Par exemple, en consolidant massivement l’économie sociale et solidaire, qui pratique le marché mais sans intérêt lucratif, qui fait directement participer les citoyens à la gestion et aux décisions, qui véhicule des valeurs d’intérêt général qui épousent bien l’action sociale. D’autant que l’Europe nous le permet…


Oui, nous pouvons augmenter les ressources de la Sécurité sociale grace à une refonte du système socio-fiscal. Nous pouvons aussi organiser des transferts de dépenses vers l’économie sociale et solidaire, en consolidant et en soutenant le développement des mutuelles, des coopératives, des fondations et des associations (ce qui, au passage, est l’inverse de ce qui se pratique actuellement à droite). En somme : oui, nous pouvons sauver la Sécurité sociale grâce à des mesures qui respectent l’intérêt général et l’exigence sociale. Mais pour cela, il y a un préalable indispensable : changer la majorité présidentielle, pour installer des responsables qui, enfin, seront acteurs d'une autre gestion de la Protection sociale.      

 

 

Par Benoit PETIT - Publié dans : Social
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 25 septembre 2009
http://www.letemps.ch/rf/Image-lowres/Le_Temps/Quotidien/2009/09/05/Zoom/Images/WEB%20G20%20%C2%A9%20Keystone--469x239.JPG


Tandis que le G20 se prépare activement, l’on peut s’interroger sur les répercussions de ce rendez-vous (très important pour la planète) sur le Sommet de Copenhague. Car l’essentiel des acteurs qui ont le pouvoir de résoudre – ou en tout cas atténuer - les crises écologiques et sanitaires, sont membres du club des 20 premières puissances mondiales. Ce sont leurs décisions économiques et financières qui changeront (ou pas) la donne. C’est à eux qu’il appartient de construire une nouvelle dynamique de croissance, la « croissance verte ». C’est à eux encore qu’il appartient de décider de nouveaux indicateurs qui renseigneront le monde sur l’action qualitative de l’économie et du capitalisme. C’est enfin eux qui détiennent le pouvoir de faire reculer les phénomènes de pauvreté (tiers-monde, pauvreté urbaine, précarité rurale…) lesquels plombent la reprise écologique de la croissance (quantitative et qualitative).

Bref, quoi qu’on en pense, le G20 est bien la première étape du processus de Copenhague. Si l’on rate cette première marche, l’on risque fort de rater toutes les suivantes…

 

Clairement, le G20 est avant tout l’expression de symboles. Par les images et les mots qui y sont produits, ce sont essentiellement des déclarations d’intention qui sont diffusées dans l’opinion. Or, face à des crises aussi systémiques que celles que nous connaissons, qui ont une origine avant tout culturelle (voir civilisationnelle), ce type d’interventions publiques n’est pas inutile à la cause. Décaler son action politique par rapport aux images qui ont été massivement transmises vers les gens, c’est prendre le risque de les décevoir, et d’apparaître à leurs yeux comme un inconstant, voir un menteur. Les symboles, obligatoires dans ce genre de rendez-vous international, sont la garantie qu’une action politique plus concrète sera engagée… par exemple à Copenhague.

 

Jusqu’à présent, le G20 s’annonce à la hauteur de son importance symbolique. Déjà par le lieu choisi pour accueillir l’évènement, la ville de Pittsburgh, véritable vitrine de l’économie verte américaine. Si refondation il doit y avoir du capitalisme contemporain, elle prendra donc naissance dans le creuset de l’innovation écologique américaine… c’est sur, ce n’est pas sous l’administration « Bush » qu’un tel symbole aurait été déployé.

 

Ensuite, par les sujets de discussion abordés et les pré-déclarations formulées. Car l’un des dossiers chauds sur la table est celui de l’après-pétrole, ou plutôt de l’anticipation de la fin de l’ère « énergies fossiles ». Nous sommes ici au cœur du processus de refonte du capitalisme, sur un sujet qui pose ensemble les questions de la quantité d’énergie à produire, ainsi que de sa qualité. Fort utilement, il semblerait que la communauté internationale soit prète à stopper les pratiques de subventions publiques accordées à la production d’énergies fossiles. Restera à voir la position des pays comme la Russie, la Chine ou l’Inde. Mais déjà, l’on peut dire aisément que le monde se contentera au minima d’une réduction massive de ces subventions, à défaut d’obtenir leur cessation définitive.

 

L’on parle aussi d’une démarche visant à chiffrer, pour le Sommet de Copenhague, le coût approximatif du changement climatique. Ce travail devrait être assorti de plusieurs propositions engageant les Etats dans leurs politiques économiques et fiscales. Clairement, l’on sent poindre le sujet de la taxe carbone et de la fiscalité verte… même si personne ne se fait véritablement d’illusions sur la progression à espérer de ce dossier. Il n’y a qu’à voir la manière avec laquelle Nicolas Sarkozy s’est embourbé – pour finalement capituler – en France. Quand on sait à quel point le mot « taxe » donne des boutons aux Américains, aux Britanniques, ou encore aux Russes, l’on ne voit pas comment le consensus se réaliserait dans les mois, les semaines à venir.

 

Nous verrons bien si le Traité substitutif à Kyoto s’engagera dans la voie de la fiscalité verte. Jusqu’à présent, c’était davantage l’instauration d’un « marché des droits à polluer » qui était structurante de l’action internationale contre le changement climatique. Mais cette solution ne fonctionne pas. Pire, elle maintien les acteurs dans l’idée que polluer, c’est permi jusqu’à un certain degré, que c’est un privilège, une richesse, un droit que l’on peut monnayer par le jeu de l’offre et de la demande.

Non. Il est temps de changer notre approche. D’établir une vérité écologique et sanitaire des prix. Admettre qu’un produit ou un service engendre forcément, de façon plus ou moins direct, des coûts qui sont supportés par la collectivité, et donc le contribuable. Que pour réduire ces coûts, il est indispensable de les ré-intégrer dans le prix des produits, histoire que ceux qui polluent le plus soit plus chers, et que ceux qui sont les plus sains soient moins chers. Or quel meilleur outil que la fiscalité progressive peut y parvenir ? La fiscalité verte, c’est le moteur d’une consommation verte, et donc d’une économie verte, et donc… d’une croissance verte. Voila la réalité des choses !

 

L’on regrettera néanmoins que le G20, dans sa version préalable actuelle, ne pipe grand mot sur les nouveaux indicateurs qualitatifs de l’économie. Et ce malgré le positionnement engagé de Joseph STIGLITZ (Prix Nobel de l’Economie) sur cette question, de lui et de tant d’autres experts de renommée mondiale. C’est pourtant un sujet au moins aussi essentiel que les précédants, parce que sans une information complète et fiable, qui renseigne sur des problématiques aussi vitales que le niveau des ressources disponibles, la démographie, la santé publique… etc… il est impossible d’orienter la machine économique vers le développement durable des sociétés. L’un ne va pas sans l’autre.

La majorité présidentielle nous expliquera, dans les prochains jours, que le Chef de l’Etat s’est personnellement engagé à promouvoir les nouveaux indicateurs. En effet, il a fait des déclarations publiques en ce sens. Mais depuis quelques jours, Nicolas SARKOZY est étrangement silencieux sur ce sujet, et rien n’est moins sur qu’il sera un ardent défenseur de la cause.

 

Du reste, les Français se demandent surtout si le Président de la République comprend quelque chose à la crise écologique. Car lorsqu’il déclare à la télé, en interview officielle, que « le carbone crée un trou dans la couche d'ozone », l’on rigole tout en prenant peur. Ses fiches ont-elles 20 ans d’âge ?? Le trou dans la couche d’ozone, ce n’est pas le sujet ! C’est le réchauffement climatique.

Non mais sérieusement : que devons-nous penser d’un Chef d’Etat qui s’apprète à négocier la résolution des crises écologiques mondiales, et qui confond à ce point deux phénomènes aussi étrangers l’un par rapport à l’autre ?! Pathétiquement ridicule…

 

Bon. Ne soyons pas totalement désespérés par notre grand Guignol national… heureusement, il n’est pas tout seul à décider, et a priori, en tout cas à l’heure actuelle, le G20 puis Copenhague s’annoncent ensemble pas trop mal. On attend impatiemment le concret, mais on apprécie déjà les symboles… ça nous console (un peu) de notre désespérance sarkozo-gouvernementale.      

 

 

 



Pour le plaisir.... voici ce que l'on peut appeler une "conn..." en état de récidive.

... Et ça, Monsieur SARKOZY, c'est un constat !!



 

 

Par Benoit PETIT - Publié dans : Europe et Politique étrangère
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Bienvenue



Benoît PETIT


31 ans, 1 enfant

Docteur en droit privé - DEA Droit social
Elève-avocat

Vice-Président du Mouvement Démocrate 13
Délégué national CAP21, "Social-Société"



Pour me contacter, cliquez ci-dessous




Pour aller plus loin...

Mes engagements


Mouvement écologiste présidé par Corinne LEPAGE
Parti co-fondateur du Mouvement Démocrate



Parti présidé au niveau national par François BAYROU
Co-présidé au niveau départemental par
François-Xavier de PERETTI
et Jean-Luc BENNAHMIAS



Groupe Aixois d'union socialiste, démocrate et écologiste
Opposition municipale emmenée par
Alexandre MEDVEDOWSKY et François-Xavier de PERETTI

NoPib !


Climat - Changeons d'indicateurs


Changer le capitalisme pour le rendre plus éthique et plus respectueux des Hommes et de l'Environnement ?

C'est possible !

Les indicateurs de richesse et les indicateurs économiques doivent changer.
Battons-nous pour introduire la qualité de la vie au coeur de l'économie de marché !

Un immense penseur !

Robert CASTEL (né en 1933) est l'un des plus grands sociologues français. Il a consacré une grande partie de ses travaux à comprendre la notion de salariat, son évolution dans le monde de l'entreprise ainsi que l'ensemble des protections sociales qu'elle génère par nature.

Parmi ses oeuvres incontournables : Les métamorphoses de la question sociale, une chronique du salariat (1995 - Ed. Fayard) ou encore L'insécurité sociale : qu'est ce qu'être protégé ? (2003 - Ed. du Seuil), et son dernier ouvrage La montée des incertitudes : travail, protections, statut de l'individu (2009 - Ed. du Seuil)

Voici un entretien filmé de Robert CASTEL où ce dernier délivre un grand nombre d'analyses dont nos élus seraient bien inspirés de partager.

Une grande leçon !


Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés