Circulation a Aix... on frôle l'absurde !

Publié le par Benoit PETIT

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« Les parkings, moins c'est cher, plus c'est vide »
... voilà le constat dressé (à juste titre) par Cathy VERSINI dans l'édition aixoise de 'La Provence' du jeudi 23 août. Soyons lucides, l'on frôle le ridicule avec cette affaire : comment expliquer qu'à Aix, l'automobiliste préfère tourner plusieurs quarts d'heure pour trouver une place très chère, alors qu'il lui est possible de se garer immédiatement pour des clopinettes ? Difficile à concevoir, surtout quand on sait que les 'parkings-relais' et les 'parkings-de-proximité' fonctionnent très bien ailleurs, en France et dans le monde... alors pourquoi pas chez nous ?

 

D'après Jean CHORRO (Premier adjoint en charge du dossier), « la communication n'est pas très bien passée »... c'est un peu court comme explication, non ? La municipalité UMP se trompe lourdement en occultant la dimension structurelle du problème : les parkings-relais et les parkings-de-proximité ne peuvent pas marcher, tout simplement parce que la cohérence globale de la politique de mobilité pilotée par Maryse JOISSAINS, sa famille et ses amis est déffectueuse.

 

Pour la municipalité, la priorité est simple : développer les commerces de l'hypercentre (notamment les établissements franchisés) et attirer les flux nécessaires de touristes et de consommateurs pour soutenir cette dynamique. Puisqu'il n'est pas question de freiner – et encore moins de renverser – la tendance, la seule chose qui soit possible d'envisager est l'augmentation substantielle de l'offre de parkings.

 

Le hic, c'est qu'à la base, les parkings-relais et les parkings-de-proximité n'ont pas été conçus pour absorber les augmentations du nombre de voitures suscitées par la Mairie. Ils visent au contraire à soutenir des politiques de réduction de la circulation. Ces concepts n'ont de sens que s'ils accompagnent des mesures telles que les péages en ville, les limitations de vitesses très basses, les zones restreignant la circulation aux riverains, aux livraisons et aux transports écologiques... Au lieu de s'engager dans ce sens, la municipalité a préféré construire un parking géant près de la Rotonde. Autrement dit, si l'automobiliste n'avait pas assez de raisons pour 'tenter sa chance en centre ville' (plutôt que de s'orienter prudemment vers les parkings-relais), il en a désormais une supplémentaire : quoi qu'il arrive, il pourra toujours se garer au parking Rotonde ! Chacun en conviendra, pas très dissuasif, comme initative.

 

Alors que faire ? Tout d'abord, éviter de concentrer tous les flux d'automobilistes vers l'hyper-centre. Il est urgent de développer l'attractivité (commerçante et culturelle) des autres quartiers d'Aix-en-Provence, notamment pour mieux répartir les circuits de circulation. Ensuite, diversifier l'offre de transports en commun en se basant sur les besoins des différents profils d'automobilistes : les taxis collectifs, les pousse-pousse électriques, la location de voitures écologiques, les vélos... sont autant d'outils qui peuvent compléter le réseau d'autobus. Il serait également intéressant d'étudier la création de zones spécifiques où les conditions de circulation seraient restreintes et/ou régulées. Par exemple, un système de péage en ville pourrait être instauré, dont la tarification serait fonction du taux de pollution du véhicule, et du caractère plus ou moins indispensable du déplacement. Enfin (et surtout), la future municipalité devra inciter l'ensemble des entreprises et des institutions du Pays d'Aix à mettre en place des plans de déplacement pour leurs personnels.

 

Non vraiment, la municipalité agit à contresens de ce qui se pratique partout dans le monde en matière de développement durable et de mobilité urbaine... mais ça, ce n'est pas nouveau (soupir).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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