Les écologistes ne sont la propriété politique de personne, n'en déplaise a certains...

Publié le par Benoit PETIT

Gros buzz ces derniers jours sur la toile aixoise, autour du blog de mon ami Cyril Di Méo (Verts).

L'histoire ? L'Assemblée générale des Verts du Pays d'Aix a décidé de rejoindre la liste de François-Xavier de Peretti pour les municipales, plutot que l'une des deux listes socialistes en piste (Alexandre Medvédowsky et Michel Pezet).... Sacriège !

Du coup, les commentaires (de socialistes, évidemment) tirent à boulets rouge : "trahison", "girouettes", "combien de votants a votre AG ?" (réaction néo-soviétique, je trouve)... Bref que du haut niveau politique, quoi.

Mais ou est le problème ??


Cyril est très clair sur la position des Verts :
Ils ont constaté l'absence d'engagement écologiste (voir d'engagement tout court) des élus de l'opposition socialiste au Conseil municipal lors de la dernière mandature.
Ils ont constaté que le dialogue avec le PS aixois n'aboutissait pas à l'écoute escomptée.
Ils ont réaffirmé leur volonté de ne plus s'associer avec une partie de la gauche qui prone l'anticapitalisme primaire.
Ils confirment avoir obtenu des engagements programatiques concrets, inspirés des valeurs et des analyses des écologistes (je le confirme aussi : CAP 21 est également présent aux cotés de François-Xavier de Peretti et a participé aussi à la réflexion).

Tout cela me semble pour le moins cohérent, et surtout pas politicien justement. En tout cas, quand on considère qu'etre politicien, c'est par exemple accepter d'entrer dans une grande coalition de gauche, composée d'un parti "grand frere" dominant (le PS) et de plein de partis "satellites" muselés, pour chopper des postes d'élus sans influence sur les politiques menées...  

Il faudrait que la gauche française lève un peu le bout de son nez pour regarder ce qui se pratique ailleurs, en Europe. Dans un bon nombre de municipalités, les écologistes sont engagés dans des partenariats avec le centre, et parfois contre la gauche... et ca se passe très bien. Pourquoi personne n'écoute jamais Daniel Cohn-Bendit quand il parle de ces sujets ? Pourtant lui, on peut pas le taxer d'etre de droite !! (juré, certains à gauche le disent... soupir)

Si les socialistes s'intéressaient un peu à ce qui se pratique en Europe, ils comprendraient que les pivots des coalitions sont souvent les écologistes, et que c'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles il y a une continuité bénéfique dans les politiques de développement durable de nombreuses villes européennes. Les écologistes ont gagné leur autonomie politique dans ces pays, et négocient donc leurs partenariats selon leurs propres critères de valeurs et de propositions.


Mais au-lieu de constater cette réalité, et d'anticiper (depuis 1997, tout de meme...) une telle évolution pour la famille écologiste, le PS a préféré se persuader que l'Appel à l'Union des Gauches suffirait à faire rentrer tout le monde dans les rangs... comme avant. Du coup, ils n'ont pas fait les efforts programmatiques suffisants pour obtenir le soutien des Verts. CQFD... retour de boomerang !


Oui, les écologistes aixois forment désormais une famille politique autonome, engagée pour ces élections aux cotés d'un candidat qui a su les écouter, qui a su les surprendre parfois, et qui a réellement envie de s'appuyer sur leurs compétences et leurs analyses pour donner un autre visage d'Aix... le visage du développement durable, tout simplement. 

Publié dans Archives

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