Le MoDem face à son destin : la révolution ou la mort ! (1ere partie)

Publié le par Benoit PETIT




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Beaucoup m'interrogent sur l'avenir du Mouvement Démocrate (MoDem)
. Après le formidable élan de la Présidentielle 2007, qu'en est-il aujourd'hui de ce parti pour le moins atypique ? Chacun y va de son analyse personnelle, plus ou moins objective, pas toujours sensée, souvent critique. Pour ma part, je continue à croire que ce parti, pour peu qu'il prenne les bonnes décisions dans les mois prochains, est encore capable de réussir le pari que nous nous sommes collectivement lancés il y a un an... oui, le MoDem est face à son destin . Il est désormais de notre responsabilité - à nous les "militants orange" - de faire le travail que nous n'avons pas su faire depuis notre création (objectivement, par manque de temps au regard du calendrier électoral) : construire la substance à partir de laquelle pourra émerger une nouvelle identité politique !  

Cette démarche implique nécessairement une bonne dose d'introspection. Sur quelle idée forte avons-nous commencé à exister ?
Quel est le socle de notre engagement ? Ou réside de point de départ de notre histoire commune ? 


1. Les 4 dérives de la bipolarisation de la vie politique


Il me semble que tout démarre d'un constat très simple.
Au plus nous avançons dans le temps, au plus nos institutions se crispent autour du clivage gauche/droite. Depuis 30 ans, le jeu des alliances traditionnelles a donné corps à deux blocs politiques - la "galaxie PS" et la galaxie "RPR/UMP" - au sein desquels se diluent la multitude de partis qui composent notre paysage politique. Cette dynamique de concentration est directement le fait de nos institutions, puisque les mécanismes électoraux (maintes fois modifiés en ce sens) donnent la part belle aux deux plus gros partis politiques.

Les conséquences sont dramatiques . Car la bipolarisation de la vie politique conduit inexorablement à la négation des idéologie et des doctrines, et donc des idées . Puisque pour etre représentés, les petits et moyens partis doivent s'assimiler à l'un des deux plus gros, il devient indispensable de gommer les différences qui pourraient les opposer aux partis dominants. Tout le monde se met donc à faire du consensus mou, en mettant au placard sa propre identité politique et philosophique. La seule chose qui compte désormais, c'est d'arracher au "puissant" l'accord électoral le plus favorable. On existe plus en fonction de ce que l'on est ; on existe en fonction de ce que l'autre veut que l'on soit. Première dérive...

Parallèlement,
la bipolarisation contraint les deux plus gros partis à cultiver la confrontation entre eux . Il faut coute que coute se démarquer de son concurrent, et donner l'impression aux électeurs que voter à gauche, c'est nier le bien-fondé de la droite, et inversement. Dès lors, la seule perspective possible pour le PS et l'UMP, c'est d'évoluer constamment vers la frange la plus radicale de leur identité . C'est pourquoi du coté socialiste, l'on gravite chaque jour un peu plus vers l'anti-libéralisme primaire (cf. le référendum sur la Constitution européenne), tandis que du coté de la droite, l'on se laisse aller à davantage de neo-libéralisme et davatage de néo-conservatisme (cf. le CNE/CPE, les franchises médicales, l'identité nationale etc...). Deuxième dérive....

Le fait que la diversité des idées n'est plus le moteur de la vie politique entraine l'ensemble de la société française sur les chemins des conservatismes . Je ne pense plus, donc je ne suis plus, donc je n'évolue plus. Ainsi que l'écrivait R.J. WHITE, le conservatisme est "une habitude de l'esprit, une manière de ressentir, un mode de vie" . On se fige sur les valeurs et les pensées d'avant, on évite systématiquement le moindre progrès significatif, on se contente de la demi-mesure, on cultive les alliances du passé, on stigmatise la première innovation venue... à gauche comme à droite, dans toutes les sphères de la société, les conservatismes prospèrent et se développent, tel un cancer qui rongerait notre République jusqu'à sa mort ! Troisième dérive...

Enfin, la négation de la diversité des idées conduit automatiquement notre système politique à trouver d'autres fondements à son évolution. Ceci d'autant plus que, je l'ai évoqué précédemment, l'objectif numéro 1 est de trouver les voies vers la plus forte assimilation possible entre le parti dominant et les partis périphériques. Or à partir du moment où les deux gros appareils sont contraints de se radicaliser pour se différencier, il est nécessaire de contrebalancer cette évolution par autre chose, afin d'éviter la rupture avec leurs partenaires les plus modérés.
La solution qui s'est naturellement imposée est la montée en puissance de la communication politique . En focalisant l'attention sur des slogans et des images prémédités, il est possible de faire croire à l'inverse de ce que l'on réalise. Non seulement cela permet de masquer la radicalisation de la gauche et de la droite, mais surtout, cela permet de manipuler à la fois ses propres partenaires politiques et l'électorat. Puisque les petits et moyens partis n'ont plus intéret à penser (sauf à se marginaliser et disparaitre à terme), il ne leur reste plus que l'intuition pour éclairer leurs choix... or l'intuition est une chose qu'il est très facile de tromper.
Du reste,
l e fait que la communication politique se soit substituée à la pensée politique dans notre système, explique les collusions de plus en plus fortes (et flagrantes) entre le pouvoir politique d'une part, et le pouvoir médiatique d'autre part . Désormais, par le jeu des amitiés et des fréquentations, l'on passe aisément des cabinets ministériels aux directions des grands médias, et inversement... les conséquences sont simples : l'objectivité journalistique se rarifie, les politiques alimentent à leur guise l'actualité, les réfractaires sont virés, et c'est ainsi que ce constitue ce que l'on appelait jadis "la pensée unique" (en fait, les deux pensées uniques, l'une de gauche, l'autre de droite) dont nous sommes tous "gavés" au quotidien pour conditionner nos choix politiques. Quatrième dérive....


Tant que nous persisterons dans cette dynamique de bipolarisation, ces quatre dérives continueront à se développer et à produire leurs effets néfastes sur la société.
La première idée force du MoDem réside dans ce combat : casser le clivage gauche/droite en imposant une troisième force politique, autonome des deux autres. C'est uniquement à cette condition que nous pourrons ré-imposer le pluralisme des idées et des opinions, et contrecarrer la radicalisation des deux poles traditionnels. 

Contrairement à ce que j'ai trop souvent entendu ces dernières semaines, le MoDem n'est pas la machine électorale du candidat François BAYROU pour les présidentielles 2012. Le MoDem, c'est l'embryon à partir duquel il sera possible (à condition que nous le voulions et que nous y travaillions) de mener une révolution politique majeure : mettre fin à un système qui dégénère parce qu'il ne stimule plus la pensée, pour le remplacer par un nouveau, dont les fondements seront la pluralité des idées et l'innovation idéologique. Voila le sens profond de notre dénomination "démocrate"... c'est une première base pour notre réflexion commune.

Article à suivre.....

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