OGM : mobilisation contre le projet de loi

Publié le par Benoit PETIT


OGM : CAP21 demande le rééquilibrage d’un projet de loi « à la sauce Monsanto »

 


Alors que les débats vont reprendre à l’Assemblée Nationale sur le projet de loi relatif à la dissémination des OGM, Corinne LEPAGE, ancienne ministre de l’environnement et présidente de CAP21, parti écologiste fondateur du Mouvement Démocrate se rendra à la projection du film de Marie-Monique ROBIN « Le Monde selon Monsanto » organisée ce 31 mars à l’Assemblée Nationale par les députés Verts.

Le projet de loi tel qu’amendé par les sénateurs n’apporte pas des garanties satisfaisantes sur l’innocuité des OGM pesticides sur l’environnement et la santé publique. Il est en particulier scandaleux que la commission des affaires économiques ait accepté un amendement, présenté par Christian Jacob, visant à limiter les conditions de publication d'études et de tests des laboratoires alors que le CRIIGEN et l’ensemble des associations demandent depuis des années la totale transparence sur ces études et l’organisation d’une expertise contradictoire indépendante.

Le texte tente également d’organiser l’impossible coexistence des cultures OGM, conventionnelles et biologiques. A la lumière des publications scientifiques réalisées dans les pays où les cultures d’OGM sont effectuées à grande échelle comme les Etats-Unis ou le Canada, il est à redouter que l’on aboutisse à un échange massif de transgènes dans l’environnement et que cela provoque d’importants dommages économiques aux exploitations conventionnelles ou bio, dommages que les compagnies d’assurances refusent d’ailleurs d’assurer considérant que les risques environnementaux et sanitaires ne sont pas suffisamment évalués.

D’ailleurs, le projet en vient à légaliser un seuil de contamination des cultures en utilisant à des fins détournées le seuil communautaire d’étiquetage de 0,9 %. Bien évidemment le projet n’engage pas la responsabilité des producteurs/détenteurs de semences sur les préjudices environnementaux et sanitaires d’une pollution génétique.

Si ce projet de loi devait être adopté en l’état, nous assisterions à une régression sans précédent par rapport aux engagements actés lors du Grenelle de l’Environnement et aux principes et objectifs fixés par le Président de la République.

Pour Eric Delhaye, porte-parole de CAP21, « il faut espérer que les députés vont rééquilibrer le texte qui est aujourd’hui à la « sauce Monsanto » et reconnaître le droit à produire et à consommer sans OGM. Tant que les conditions d’expertise et de responsabilité des producteurs n’offriront pas les garanties nécessaires, tant que les citoyens n’obtiendront pas la transparence la plus totale, nous continuerons à nous battre pour l’instauration d’un moratoire sur les cultures et les essais en plein champ des OGM . »

Eric DELHAYE                                        
Porte-parole de CAP21

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