MoDem : construire la 3e voie politique du Développement durable

Publié le par Benoit PETIT





Face au petit séisme médiatique du week-end provoqué par le départ de Jean ARTHUIS du MoDem, voici la réaction de Corinne LEPAGE à laquelle je ne trouve rien à ajouter sur le fond.

Il est clair aujourd'hui que le MoDem souffre à la fois d'une carence en termes de doctrine, et d'une organisation structurelle et d'une pratique décisionnelle peu adaptée à son objectif démocratique. Certes, le calendrier électoral n'a pas favorisé les choses : les élections présidentielles, les élections législatives, l'été 2007, les élections municipales et cantonnales ont précipité le mouvement dans un flot d'évènements qui ne lui ont pas laissé le temps de se poser et d'initier la réflexion indispensable à sa "mise en cohérence". Mais désormais, les agitations électorales étant passées, ce temps est ouvert.

En tout état de cause, CAP 21 participera (et participe déja) à l'élaboration d'un projet qui rassemble toutes les sensibilités du MoDem. Il n'est pas question pour nous de nous contenter d'un "best of" de la gauche et de la droite. L'enjeu est de faire émerger une troisième voie, distincte de la droite et de la gauche, susceptible de rassembler des gens venus de toute part.
Les esprits chagrins du PS, de l'UMP, du Nouveau Centre ou d'ailleurs vous diront que nous révons notre utopie... je leur répondrais qu'eux vivent surtout leur échec à renouveler les idées et les pratiques politiques.

J'appelle toutes celles et tous ceux qui croient possible de renouveler profondément la politique, tant au niveau des propositions que des pratiques,
à rejoindre CAP 21. Le Développement durable n'est pas une utopie, et ceux qui le pensent sont avant tout ceux qui le nient ! Le Développement durable est le socle d'une nouvelle "Politique", respectueuse de l'homme, de l'environnement et de l'action économique. Il est gage d'éthique, de démocratie et d'humanisme. Il est porteur d'une autre vision du monde et des relations avec les pays et cultures différentes. Le MoDem doit etre le lieu où cette nouvelle Politique se construit. Tel est le sens de l'engagement de CAP 21.





« Le MoDem doit être beaucoup plus démocratique »   Après Jean ARTHUIS, qui a claqué ce week-end la porte du MoDem en critiquant sa gestion « sectaire », Corinne Lepage, ex-tête de liste MoDem aux dernières municipales (à Paris XII e ), appelle François Bayrou à un effort de démocratie interne.

Le départ de Jean Arthuis vous a-t-il étonné ?

(Corinne LEPAGE) : Pas vraiment, car il avait pris du recul depuis un moment. Mais il est évident qu'on ne peut pas faire comme s'il ne se passait rien, comme si de tels départs de personnalités n'avaient pas lieu. Il faut avoir le courage de regarder les choses en face et affronter les raisons pour lesquelles les choses se passent ainsi. CAP21 a adhéré au MoDem sans jamais renoncer à son autonomie ni à son existence propre : je m'en félicite !

Il y a donc une crise existentielle au MoDem ?

Ne soyons pas catastrophistes. Je ne dis pas que les militants partent, mais ils sont dans l'expectative. Ils attendent une vraie démocratie interne, que le débat s'organise. Nous n'avons pas encore élu toutes nos instances. Cela ne pourra se faire que de manière ouverte, transparente et collégiale. C'est fondamental pour regagner ce souffle que François Bayrou a su créer à un moment.

Arthuis parle d'une gestion sectaire. Comprenez-vous ce qu'il veut dire ?

Il dit violemment ce que je dis moi de façon plus démocratique. C'est-à-dire que nous avons besoin d'un MoDem où les différentes sensibilités doivent exister et participer pleinement aux prises de décision. Les militants sont issus de l'UDF, des Verts, de CAP21, de la démocratie participative. Ils doivent avoir toute leur place et pouvoir s'exprimer. Or, aujourd'hui, ce n'est pas le cas.

Pourquoi ?

Je n'incrimine personne. Il faut s'organiser et travailler sur le fond. Car l'intérêt d'un mouvement politique n'est pas de dire : « je ne suis ni à droite ni à gauche », cela n'a pas de sens. Ce qui en a, c'est de proposer un projet qui rassemble. Il faut se mettre au travail sur le fond, répondre aux grands enjeux contemporains. S'il n'est pas capable de faire ça, le MoDem n'a pas d'intérêt.

Qu'attendez-vous maintenant de François Bayrou ?

Il faut jouer collectif au sein du mouvement et l'exécutif doit beaucoup plus s'ouvrir à ceux qui veulent travailler sur le fond et attendent un fonctionnement beaucoup plus démocratique.  
 
  Propos recueillis par Martine Chevalet

Voir aussi
le post de Corinne LEPAGE sur son blog.

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