OGM : nous, consommateurs, sommes les derniers garants de notre sécurité

Publié le par Benoit PETIT





Avec le vote de la loi "OGM", nos parlementaires viennent de "légaliser" les risques qui menaçent potentiellement les consommateurs s'agissant de la sécurité alimentaire. Puisque nos députés, nos sénateurs et le gouvernement sont infoutus d'appliquer le principe de précaution - le temps que la lumière soit faite (scientifiquement) sur l'impact des OGM sur notre santé - il va falloir que nous, consommateurs, nous protégions par nos propres moyens.

En concert avec les associations mobilisées, CAP 21-MoDem vous propose les solutions suivantes pour palier les lacunes de la loi et l'absurdité (hypocrite) de nos parlementaires :


1 - Avant propos : pourquoi nous pensons que les OGM représentent un risque pour notre santé ? Pourquoi faire appel au principe de précaution ?

Il s'agit d'un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié (notamment par insertion de nouveaux gènes issus d'autres organismes vivants) soit pour accentuer certaines de ses caractéristiques ou lui en donner de nouvelles considérées comme désirables, soit au contraire pour atténuer, voire éliminer certaines caractéristiques considérées comme indésirables.

Les OGM sont un produit du business des "pesticides" : il s'agit pour les multinationales de ce marché de développer et commercialiser des plantes qui produisent elles-même les effets des produits herbicides et insecticides. Mais aujourd'hui, les applications de cette technologie intéressent d'autres secteurs économiques : l'industrie pharmaceutique (pour développer des plantes qui produisent des molécules à usage thérapeutique, type insuline, hormone de croissance, lipase pancréatique permettant une meilleure digestion des graisses...) ou encore l'industrie agroalimentaire (pour produire des plantes qui correspondent parfaitement aux exigences de la production industrielle, par exemple ralentir/accélerer les processus de croissance, adapter la plante aux conditions climatiques extrêmes, produire une esthétique conforme au marketing...).

Inexistante en 1993, la production mondiale d'OGM végétaux (soja, maïs, coton…) est en forte expansion et dépasse en 2006 les 100 millions d'hectares, soit 7 % du milliard et demi d'hectares de terres cultivées.

La question n'est pas encore de savoir s'il faut, ou non, fermer définitivement la porte à la recherche sur les OGM. Elle est de savoir si, au-delà des finalités poursuivies (qui peuvent être louables en théorie), cette nouvelle technologie présente des risques pour la santé humaine ? Et si oui, comment la société peut-elle se défendre face à ces risques (si c'est possible) ?
Pour faire une comparaison, citons l'exemple de l'amiante. Au moment où les industriels ont commencé massivement à développer l'amiante (fin du XIXe siècle), les objectifs étaient louables : augmenter la protection des biens et des personnes contre les incendies. Sauf que personne n'avait cherché à savoir si l'utilisation de l'amiante pouvait affecter la santé humaine (cancers, pathologies respiratoires...). Pourtant, les premières alertes des institutions publiques sur les problèmes éventuels de l'amiante sur la santé datent de la fin du XIXe, début XXe siècle... ces alertes ont été systématiquement ignorées par le législateur/gouvernement pendant 100 ans... résultat des courses : des centaines de milliers de malades et de morts de l'amiante, des conséquences financières importantes pour l'assurance maladie, des coûts énormes engagés pour le désamiantage....

Au moment où nous nous engageons aussi activement dans la commercialisation des OGM, les écologistes posent une question toute simple : à l'instar de ce que nous n'avons pas su faire avec l'amiante, sommes nous conscients des éventuels risques qu'une telle technologie fait peser sur la santé ? S'il existe un doute sur cette question, ne faudrait-il pas, par précaution, chercher des réponses précises sur cet enjeu, avant de commercialiser les OGM ?

Beaucoup de proches des industriels disent aujourd"hui : les écologistes font systématiquement du catastrophisme pour empêcher le progrès... pourquoi pas... sauf que voila, nous avons aujourd'hui de très sérieuses raisons de tirer la sonnette d'alarme. Nous avons réussi (avec beaucoup de difficultés) à nous procurer un rapport d'étude réalisé par les firmes productrices d'OGM, qui tendent à montrer que la consommation des OGM provoquent des gros pépins de santé... le fameux rapport "Monsanto", que Corinne LEPAGE a réussi à rendre public malgré le "secret industriel" et l'obstination des Ministères concernés.

Voici ci-dessous un reportage très révélateur, qui livre à l'opinion publique les résultats d'une enquête d'investigation indépendante (ni pro-industrielle, ni pro-écologiste) menée par des journalistes reconnus pour leur objectivité... En visionnant ce reportage, vous allez comprendre d'une part les risques qui nous préoccupent et qui fondent notre appel au principe de précaution, et d'autre part les "magouilles" d'Etat qui visent à priver l'opinion des informations qui lui sont indispensables pour se forger une opinion objective sur les OGM...






Alors petite question, suite à ce reportage : pensez-vous toujours qu'il faille commercialiser massivement les OGM dans de telles conditions d'incertitude scientifique ?


2 - Les gros problèmes posés par la loi "OGM"

Ils sont simples. Entre autres :

-  Pas de définition légale des OGM (les parlementaires attendent que l'Europe les définissent)
- Aucune garantie n'est prévue pour protéger les filières "sans-OGM", notamment contre les risques de contamination qu'induisent les cultures en plein champ des OGM
-  La loi considère que les produits "sans OGM" sont des produits qui comportent un petit peu d'OGM. En gros, elle fixe un seuil au-delà duquel il est obligatoire d'informer le consommateur qu'un produit contient des OGM, et en deça duquel il n'est pas obligatoire d'informer le consommateur.
- La loi renforce la répression contre les fauchages d'OGM

En deux mots : on ignore les arguments des anti-OGM, on court-circuite le principe de précaution (qui renverrait la question des OGM à davantage de recherche scientifique, afin d'obtenir des éléments plus précis pour décider sérieusement), on permet aux industriels de nous faire consommer des OGM sans nous informer, et on réprime les écologistes qui veulent sensibiliser l'opinion publique des risques que l'Etat veut ignorer...

3 - Les derniers recours dont disposent les citoyens-consommateurs pour se protéger...


Vous pouvez consulter la "liste fuschia" qui vous indique l'ensemble des produits qui sont réellement 100% SANS OGM  (pas d'OGM directs, pas de présence d'animaux alimentés avec des OGM). Grace à cette liste, vous pourrez boycotter les produits faussement sans OGM, et garantir à vos enfants, votre famille, vos proches et vous même les conditions élémentaires de précaution pour préserver votre santé... en attendant que les Scientifiques nous donnent des éléments plus sérieux...



Interpellez également vos députés, sénateurs, Ministres, mais aussi les directeurs d'hyper-marchés, les responsables syndicaux d'agriculteurs, les fabricaux et producteurs d'OGM et produits OGM.... bref interpellez l'ensemble de ceux qui veulent vous imposer la consommation d'OGM à votre insu, en leur envoyant émails, courriers, coups de téléphone....


Puisque nos politiques et nos industriels ne connaissent que le langage économique, dialoguons avec eux avec ce même langage : le boycott..... Entant que consommateurs, nous avons le pouvoir de décider ce que nous voulons consommer... agissons !




Pour aller plus loin.....


11 raisons pour refuser les OGM

Le site du CRII-GEN

"Le Monde selon Monsanto", Marie-Monique ROBIN... le livre........ et le film

OGM : le mythe de la recherche scientifique et médicale pour le bien de l'Humanité (document PDF)

Le reportage réalisé pour ARTE :



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