Sarkozy Ier, Chevalier blanc de l'espérance économique ?

Publié le par Benoit PETIT


sarkozy cancre economie

Imploration - Kerleroux (Le Canard Enchainé)

"Je demande à Bruxelles d'exercer son droit de grace à l'égard de ma politique économique"



Rien de tel qu'une bonne crise pour relancer la super-production "Sarkozy Ultra-star" - peu importe laquelle, mais en l'occurence ici, c'est de la crise économique dont il est question.
Cela faisait quelques mois en effet que l'on sentais le Président mal à l'aise dans son costume, un peu comme dépassé par ses propres ministres (c'est vous dire à quel point ça allait mal), et en tout cas terrassé par les mauvaises nouvelles mondiales. Certains diront que le candidat Sarkozy n'avait tout simplement pas prévu que les choses allaient se passer si mal une fois élu (il faut dire que l'économie n'a jamais été son fort, un comble pour un ancien "King of Bercy"). Mais plus cyniquement, je dirais que le candidat Sarkozy avait au contraire parfaitement prévu les évènements actuels, mais qu'il a tout simplement considéré que son talent médiatique le sauverait de nouveau, quoi qu'il arrive... Et ce que nous venons de vivre aujourd'hui - le "meeting" de Toulon - en est le désespérant exemple.

C'est certain : Nicolas Sarkozy a parfaitement compris comment adapter la "american way of doing politics" à notre bon vieil esprit franchouillard. Plus efficace que Julien Courbet et ses remakes - façon service public - de "Sans aucun doute", plus envoutant que Nikos Aliagas dans "Star Académy : le Prime", l'Empereur Nicolas Ier, Roi des médias et Grand Chambellan des Saintes (et moins saintes) Eglises, s'est livré ce jeudi à un spectacle de grand talent qui surclasse tous les précédants ! A la tribune, il fut un gladiateur au discours de prédicateur ; un conservateur au discours d'alter-mondialiste (enfin, presque) ; un inquisiteur au discours d'innocent. Lumières, slogans, tirades, colères, indignations... tout y est passé.
Sauf que voila, cette fois, beaucoup moins de monde croit les bonnes paroles élyséennes.

La ficelle ne prend plus : agiter l'épouvantail de la peur, annoncer un soit-disant langage de "vérité", s'offrir à la France comme le dernier sauveur possible... c'est bon, on a déja donné. On a vu la catastrophe provoqué par ces mirages. Nous sommes peut etre des "temps de cerveau humains disponibles" (dixit TF1), mais nous ne sommes pas des idiots pour autant. Généralement, lorsque l'on prend un baffe, l'on tend rarement l'autre joue...

"Nous venons de passer à deux doigts de la catastrophe" nous dit le Président. C'est peut etre vrai (a moins que l'on y soit déja, dans la cata). Mais la faute à qui ?

Qui n'a pas pris la peine, en 2006-2007, de s'informer de ce qui se passait réellement dans l'économie américaine ? Lui, le copain de "W." BUSH, aurait donc gobé naivement les bobards de ce dernier, qui affirmaient l'excellente santé du système économique de l'Oncle Sam ?? Pas très rassurant quand meme, le super sauveur du pouvoir d'achat.

Qui a décidé, tout de suite après son élection, de donner un super "bouclier fiscal" aux Français les plus riches, histoire de les rassurer qu'ils n'allaient pas devoir mettre à la poche pour sortir notre économie du marrasme (et encore moins du social type "RSA"... pensez donc !) ? C'est sur, quand on sait qu'une récession se prépare, la premiere chose que l'on fait, c'est de se priver des riches pour s'appuyer sur les classes moyennes et populaires...
Qui encore, vient tout juste de faire annoncer, par la voix de Valérie PECRESSE, qu'il fallait tailler dans le budget de la Recherche (moins de thèses financées, moins de personnels pour offrir d'excellentes conditions de travail, moins d'enseignants-chercheurs) ? Allons nous nous sortir de la crise économique avec nos bonnes vieilles industries et leurs bonnes vieilles méthodes... qui nous ont aussi conduit à la situation d'aujourd'hui (il n'y a pas que les "subprimes") ?

Qui enfin, reporte la fiscalité économique aux calendres grecques, alors qu'il s'agit là du principal levier des engagements "Grenelle", et en tout cas du principal outil d'innovation économique qui peut nous mener vers des produits sains et équitable ? De toute manière, Sarkozy s'en fout : il a le nucléaire, les OGM, la chimie, et les laboratoires pharmaceutiques avec lui... tout de suite, ça rassure ! Et en plus, c'est l'ami de POUTINE et du PC Chinois... tout va bien, vraiment !

Oh, biensur, c'est de bon ton de stigmatiser les parachutes dorés des grands patrons (c'est juste un peu démodé), ou de se dresser comme le défenseur des petits épargnants (que l'on empeche néanmoins d'épargner... en les endettant). Ca fait très "gauche Besson", voire "gauche Kouchner",  de clamer à la communauté internationale son désir de remettre à plat les règles mondiales (lui qui préconisait, durant la campagne présidentielle, de dépénaliser le droit économique). A y regarder de plus pret, on croirait entendre Bertrand DELANOE. Saisissant !

Mais tout cela, c'est de la poudre aux yeux. De l'utopie. De l'espérance mystique.

Vous voulez la vérité ? Elle est toute simple. Nous allons entrer dans une longue période de récession économique (les économistes prévoient au moins jusqu'en 2011-2012). Les taux d'intérets vont monter, ce qui va plomber l'investissement. La consommation va ralentir. Les marchés vont se purger de leurs acteurs les plus faibles. Les entreprises vont attendre l'innovation qui ne viendra pas (d'ou l'importance de la Recherche), ou pas tout de suite. Les concentrations et les ententes entre grands groupes industriels vont s'accroitre et se densifier.... Bref, les marchés vont etre mis à la diète, et le poids qu'il va perdre sera principalement les travailleurs, les artisans et les commerçants.

La seule manière de sortir de la récession, c'est de changer le régime d'alimentation du marché, et de gaver  ce dernier d'innovations qualitatives. Il faut développer de nouvelles filières afin de rendre notre économie moins dépendante des autres puissances. Il faut aussi réduire les couts de transports, dynamiser l'économie territoriale de proximité, et lancer un véritable plan global de préservation de nos ressources naturelles.
Mais surtout, il faut penser le présent et l'avenir différemment. Autour de l'Homme et des valeurs de solidarité. Nos sociétés doivent etre plus saines, plus équitables, plus cultivées. Le capitalisme est en train de vivre sa mutation la plus importante depuis la Révolution informatique, voire meme depuis la Révolution industrielle. Par notre sens de l'éthique, nous pouvons profiter de ces temps de profonds changements pour construire "l'économie sociale et environnementale de marché".

Bref. Il faut faire tout le contraire de ce que Nicolas Sarkozy (et le gouvernement, et la majorité présidentielle... ne les oublions pas, ceux-là) fait actuellement.

Oui, demain sera dur. Mais je vous garanti qu'avec Nicolas Sarkozy et l'UMP jusqu'en 2012 - et à plus forte raison jusqu'en 2017 - ce sera encore plus dur. Les Zéniths et les invectives volatiles de  Toulon n'y changeront rien.  Désespérement rien.




Pour info, comme ça, en passant... le tabac-journaux de St Eutrope risque de fermer à cause de tout ce fatras économique... déjà que le quartier agonise lentement sous le regard indifférent de la municipalité (UMP, comme par hasard), là, je dois dire que cela risque d'etre le coup de grace !

Publié dans Archives

Commenter cet article