Le temps des "Conventions républicaines pour la 6e République" est venu !

Publié le par Benoit PETIT



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Aujourd’hui n’est pas un jour tout à fait comme les autres. Les Français commencent à manifester ouvertement leur mécontentement contre le pouvoir sarkoziste, et meme si le « Palais » feint de s’en foutre (les manifs’ agacent malgré tout quelques courtisans et alliés), en réalité les cloisons élyséennes commencent à trembler un peu. La France populaire réalise douloureusement qu’elle a été bernée, et celui qui se présentait à elle comme son « sauveur » apparaît chaque jour un peu plus comme son « pourfendeur ». Nicolas Ier le sait : pourquoi croyez-vous que l’UMP fasse apparaître la « base-line » suivante sous son logo : « le Mouvement populaire » ?

 

Non. Croyez-moi : tout les indices montrent qu’ils paniquent, à droite. La vitrine médiatique du sarkozisme est changée à la hate (cf. les futures « fillonnettes » Rachida Dati, Rama Yadé, Christine Lagarde, Christine Albanel et « N.K.M. »). La campagne européenne pour la majorité présidentielle est directement pilotée depuis l’Elysée. Quant à la direction nationale de l’UMP, elle est « restructurée » en profondeur pour faire taire les menaces de frondes.

Mais surtout – signe qui ne trompe pas – Nicolas Sarkozy avance l’artillerie lourde pour atomiser son opposition socialiste : la manipulation de l’extrême… gauche. L’on provoque les altermondialistes en reprenant leur rhétorique ; l’on fait fantasmer la France sur une éventuelle menace terroriste venant de l’ULTRA-gauche ; on s’apprete à bidouiller les modes de scrutins locaux pour faire monter le score du future Nouveau Parti Anticapitaliste. Toute ressemblance avec ce qui s’est passé dans les années 1980 avec le FN n’est, évidemment, que pure coincidence. Gare tout de meme au retour de flamme… Lionel Jospin s’en est toujours pas remis.

 

Ce qui a tendance à me réjouir est que finalement, celui qui se met à « tartouiller » avec la politique politicienne, surtout en pleine période de crise économique, sociale, politique, écologique et culturelle, se tire une balle dans le pied… enfin, dans une société « normale ». Car le souvenir de la réélection de George « W » Bush en 2004 montre que lorsque l’on abrutit le Peuple avec la télé, la religion et la peur, la stratégie politicarde peut se révéler payante. Cela n’aura évidemment pas échappé à Nicolas Sarkozy, qui d’ailleurs n’a pas attendu une seconde pour inféoder France Télévision, pour lancer le sujet de la « laicité positive » et pour agiter tous les épouvantails qui tombent sous sa main.

 

Remarque : l’on ne peut pas dire que tout ceci est une surprise… si seulement les médias avaient laissé la gauche et Bayrou s’exprimer un peu plus à jeu égal avec Sarko durant deux années qui ont précédé l’élection présidentielle : on en serait peut-etre pas là. « La République en danger » est un discours qui a été très justement tenu pendant la campagne… dommage qu’il n’ait pas été entendu.

 

Car c’est bien de celui dont il s’agit : la République (ou ce qu’il en reste) est en danger. Les néo-conservateurs ont pris le pouvoir, et ils ancrent progressivement leur projet de société dans nos vies quotidiennes. Ils s’attaquent aux libertés publiques, au principe de Laicité ; ils érigent les bannières d’un « ordre moral » aliénant ; ils déstructurent la Justice ; ils poussent à l’endettement individuel ; ils appliquent une politique sécuritaire destinée à faire régner un climat perpétuellement anxiogène. Mais surtout, ils masquent leurs actions avec beaucoup de com’, une bonne dose d’ « ultra-bright » et énormément d’hypocrisie et de mauvaise foi. C’est clair : l’UMP est le parti jumeau du « Parti Républicain » américain (sauce Bush, pas McCain), où oeuvrent ensemble les libéraux néo-classiques, les ultra-catho, les souverainistes et quelques centristes mous qui ont moins de convictions que d’ambition électoralistes. Il y a bien des gaullistes dans l’affaire, mais pour l’instant aucun ne fait le poids pour renverser l’alliance actuelle des autres courants de la droite française.

Quant aux oppositions (car elles sont plurielles), elles font ce qu’elles peuvent… c’est-à-dire pas grand-chose d’autre que d’attendre la seule occasion qu’elles auront pour se faire entendre (un peu) : l’élection présidentielle 2012. Car dans ce mandat-ci, tout ce qui n’est pas sarkoziste n’existe pas. En Sarkozie, seuls s’expriment la gauche-sarkoziste (Besson, Kouchner, Hirsch… et demain Lang ?), le centre sarkoziste (Borloo, le Nouveau Centre) et la droite sarkoziste (les autres)… c’est tellement républicain, vous en conviendrez !

 

Alors on fait quoi ? Parce que manifester, c’est bien. C’est meme indispensable. Ca permet de pousser Nicolas Sarkozy à la faute. Mais ce n’est pas suffisant pour le faire battre. Il faut aussi assurer une réponse politique au problème… il faut une perspective d’avenir alternative.

 

Pour faire clair : si les oppositions sont trop clivées entre elles, la division entrainera la défaite générale. On ne demande pas au MoDem et au PS (puisque c’est d’eux dont il s’agit, essentiellement) de voir s’ils peuvent peut-etre s’entendre… on leur demande de s’entendre, parce qu’ils n’ont pas le choix ! Et on leur demande meme de mettre leur orgueil dans la poche, et de chercher à s’entendre également avec les opposants de droite au sarkosime (y’en a quelques uns). On est pas en train de parler de d’une alternative politique au sens gouvernemental du terme ; on est en train de parler d’une alternative républicaine ! La situation est bien plus grave que ce que beaucoup pensent, particulièrement à Reims.

 

Je ne suis pas au MoDem pour que François Bayrou gagne la prochaine présidentielle et perpétue la pratique d’une Ve République qui n’a plus aucune cohérence ni sens. Pas plus lui, que Ségolène Royale, Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn ou Bertrand Delanoe.

Je suis au MoDem parce que je pense que la prochaine présidentielle est l’occasion d’élire un Président de la République de transition, qui convoquera une Assemblée constituante et qui soumettra au Peuple une nouvelle Constitution, par référendum.


Pour l’instant, je me fous de savoir quel est le programme social du PS, ou quelle politique économique le MoDem veut mettre en place. La seule chose qui m’intéresse c’est de savoir si les candidats du MoDem et du PS à la présidentielle seront sincèrement pour la Vie République, et seront solidaires dans les urnes au second tour. C’est tout ! Le vrai changement, le seul changement, c’est celui-là : la VIe République ! Une fois acquise, nous reparlerons de politique gouvernementale, lorsque les électeurs auront redistribué les cartes, selon les nouvelles règles du jeu démocratiques qu’ils se seront donné.

 

Et les élections européennes, régionales, et cantonales dans tout ça ? Oui. Elles sont importantes car elles donneront une tonalité générale aux prochaines présidentielles. Elles doivent préparer le passage vers la 6e République, en créant au sein de l’opinion publique les conditions d’une adhésion massive à ce projet ambitieux.

Dans le meme temps, l’ambition de la 6e République ne doit pas nous faire perdre de vue que ces élections sont essentielles dans la résolution des crises qui nous affectent : nous élisons ceux qui décideront de l’aménagement de nos territoires et qui piloteront les politiques économiques et sociales de proximité. Il est important que le MoDem et le PS expriment respectivement leurs spécificités dans les projets politiques qu’ils proposeront aux électeurs… au premier tour en tout cas. Pour le second, il faudra voir si les projets politiques sont suffisamment compatibles pour etre cohérents. Pour l’instant, personne n’en sait rien. C’est trop tot.

En revanche, rien n’interdit au PS et au MoDem, ainsi qu’à toutes les autres formations politiques qui oeuvrent pour une 6e République, de se rassembler en « Conventions républicaines », et d’organiser ensemble l’adhésion de l’opinion à ce projet commun. Il y a beaucoup de travail à faire, et 4 ans, c’est court comme délais pour réussir.  Les prochaines élections peuvent etre une caisse de raisonnance très précieuse pour nos idées… si tant est que nous ayons l’intelligence préalable de nous unir autour d’elles.

 

Je pense que le vote commun MoDem / PS pour la motion de censure, et notre unité dans les rangs des manifestations d’aujourd’hui, sont l’occasion de lancer entre nous un dialogue constructif. Les « Conventions républicaines » peuvent naître demain !

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dextarian 29/01/2009 18:10

Je t'avouerai, mon cher Benoit, que je ne sais pas encore s'il faut une VIe République ou un retour réel à une Ve République, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.Cette Consitution n'est pas mauvaise mais elle engendre beaucoup trop d'interprétation de la part des acteurs. Et c'est plutôt cela le problème.Le changement qu'il doit être fai,t doit passer par une meilleure opposition des collectivités territoriales, avec un réel champ d'action (et pas seulement réglementaire).Il y a de toute façon des pistes à explorer, des moyens à mettre en oeuvre et surtout disposer d'un véritable Parlement et pas une chambre d'enregistrement comme c'est le cas à l'heure actuelle...