Politiques économiques et sociales : l'alternative s'écrit dès à présent, sur le fondement des idées de Robert CASTEL

Publié le par Benoit PETIT


Qu’il est loin – dans nos souvenirs en tout cas – le temps où notre gouvernement nous martelait que la situation économique et sociale de la France n’était pas grave. Qu’est-il advenu du discours naif et faussement béat de Christine LAGARDE, qui tentait vainement il y a quelques mois de nous faire croire que notre économie serait préservée des crises mondiales et que nous avions toutes les raisons d’espérer des points de croissance, des emplois et du pouvoir d’achat ? Ou donc sont passés les « porte flingues » de l’UMP qui dénonçaient dans tous les médias, et avec véhémence, les esprits chagrins et abusivement pessimistes (bref, les gens de gauche et les démocrates) dont l’unique obsession était, selon eux, de dégommer le travail merveilleux de la majorité présidentielle dans le seul but d’exister politiquement ? Tout ce petit monde sarkoziste se fait discret aujourd’hui, en tout cas sur leurs convictions d’antan, et l’heure est actuellement à gérer l’urgence… pas l’urgence économique et sociale des Français (ça impliquerait trop de renonciations idéologiques de leur part), mais l’urgence politique qu’il y a à « sauver les soldats UMP-Nouveau Centre ».

 

C’est en tout cas la lecture que l’on peut faire des deux interventions – médiocres – du Président de la République ces derniers jours. Fini l’hyper-présidence omnipotente et omniprésente : désormais, l’on expose en première ligne les ministres (Yves JEGO, Valérie PECRESSE, Xavier DARCOS…), flanqués de surcroît de « médiateurs » comme si l’Elysée n’avait meme plus confiance dans leur capacité à etre efficaces et à calmer la fronde populaire ! Finie l’illusion du « Président-manager » qui, par l’extrême confiance qu’il a en lui, devait soit disant nous conduire en toute confiance vers des lendemains meilleurs : désormais, nous avons à faire à un « Président-paumé » dont les propositions pour sortir la France des crises manquent cruellement d’ambition, d’envergure et de pertinence ! Certes, l’Elysée « solde » les avancées sociales – une petite prime par-ci, une petite réduction d’impot par là, un petit retrait des réformes en cours par ci – mais tout ceci sent dramatiquement la « liquidation totale » du sarkozisme… Chacun le devine, au moins par intuition : c’est la panique générale qui s’est emparée du poste de commandement du Paquebot « France » !!

 

Plus que jamais, les thèmes de campagne que la gauche et les démocrates ont développés contre le « projet Sarkoziste » sont d’actualité. Car le problème est moins la personne du Président que le cap qu’il poursuit. Toute la question – et c’est ce que les américains ont compris en votant pour OBAMA – est l’orientation idéologique de l’action politique ; cette idée, ce mirage scandaleux selon lequel il faut favoriser les classes sociales les plus riches pour susciter l’investissement de leurs capitaux (le « bouclier fiscal », le refus de plafonner les salaires des grands patrons et les dividendes versés aux actionnaires, le refus de prendre au nom de l’Etat une participation influente dans les conseils d’administration des banques en manque de fonds publics…) ; cette proposition honteuse selon laquelle les classes populaires et moyennes doivent recourir à l’endettement individuel pour améliorer leur condition économique et sociale (cf. la vidéo de Sarkozy pronant les bienfaits des crédits hypothécaires – les fameux « subprimes » - colonne de droite sur ce blog, cf. aussi le crédit étudiant « Pecresse »…) ; ce dogme idiot selon lequel il faut « travailler plus pour gagner plus » (alors que la situation actuelle montre clairement que les choses sont un peu plus complexes que cela) ; BREF, toutes les fondations du projet économique et social du candidat SARKOZY 2007 et du gouvernement FILLON 2007-2009, tout cela nous conduit dans le mur !!

 

Il est donc urgent de changer de cap ! Et comme nous ne pouvons plus que compter que sur nous meme, dans l’attente de changer la donne politique en 2012, et bien chiche ! Commençons à repenser les politiques économique et sociale de ce pays dès à présent. Mettons nous au travail, et réfléchissons à un autre devenir pour notre pays.

Il existe une alternative au néo-conservatisme et à l’ultra-libéralisme, une alternative qui n’est ni la révolution trotskiste (si les idéaux de Besancenot étaient valables, ça se saurait et surtout, on l’aurait vu dans l’Histoire du XXe siècle… or tout ce que l’on a constaté, c’est la violence, le despotisme et l’injustice sociale accrue pratiquée par TROTSKY lui-meme), ni le socialisme-clientéliste qui consiste à renforcer l’assistanat, et à bloquer les initiatives privées.

Il existe une alternative qui, en repensant profondément les fondements de nos institutions, de nos approches des enjeux sociaux et des réseaux solidaires, permettra de construire une société équitable, progressiste, réformiste, et équilibrée dans les rapports qu’elle instaure entre l’Etat social et le Marché.

 

Voici une vidéo-interview d’un GRAND Monsieur des politiques sociales – M. Robert CASTEL -  dont je vous laisse apprécier le caractère innovant et la pertinence de son analyse… l’alternative dont nous avons si cruellement besoin aujourd’hui et pour demain commence là…




Publié dans Archives

Commenter cet article