Dominique STRAUSS-KHAN : un retour gagnant qui fait (beaucoup) de bien !!

Publié le par Benoit PETIT




Photo : France 2


Le moins que l'on puisse dire est que le bref "come-back" hier soir de Dominique STRAUSS-KHAN sur nos médias nationaux ("A vous de juger", France 2) a tenu toutes ses promesses. Le défi était pourtant loin d'etre gagné, aux vues des attaques indignes dont le Président du FMI a été la victime ces derniers mois (à droite, à gauche et dans l'intelligencia parisienne). Mais ceux qui l'ont si rapidement jugé, condamné et exécuté sur l'autel des médias, tous ces bien-pensants d'une prétendue moralité de bigot, se sont pris une "claque" magistrale hier soir : ce à quoi nous avons assisté n'est rien d'autre que la victoire des idées sur la "people-lisation" de la vie politique ; la victoire de ceux qui ont une pensée contre ceux qui n'en n'ont pas... depuis 2007, ça manquait en France !

Le contraste avec "l'élite" politique actuelle était flagrant. Car à la différence de Nicolas SARKOZY et son équipe, de Ségolène ROYAL et ses désirs d'avenir, ou encore de Laurence PARISOT et son ridicule "Code de déontologie pour patron volontaire", DSK fait la démonstration qu'il connait l'économie, qu'il la comprend et qu'il est capable de proposer des solutions efficaces pour sortir de la crise. Du reste, ces solutions ne sont pas que des théories d'universitaire : elles sont l'action concrète d'une Institution internationale qui, depuis la récession mondiale, a non-seulement sauvé l'économie de beaucoup de pays en voie de développement, mais a aussi permi aux pays plus puissants de se remettre (pour l'instant) sur les rails d'une relance possible. Nous ne sommes pas, là, entrain de parler de vagues promesses fumeuses de politicien en mal d'élection : nous sommes entrain de parler d'actions concrètes, réelles et palpables, qui sont reconnues comme essentielles par l'ensemble de la communauté internationale, aujourd'hui.

Les analyses de "DSK" ont le mérite d'etre sincères, et ne cachent en rien les difficultés qui nous attendent au coin du prochain G20. Injecter de l'argent public dans l'économie (les plans de relance) et réguler les pratiques du marché sont évidemment des bases incontournables pour sortir de la crise... mais ces initiatives ne sont ni suffisantes, ni les plus difficiles à mettre en oeuvre. Il est désormais temps de "dégeler" les circuits du système bancaire, pour que l'argent public qui est mis sur la table par les gouvernements puissent parvenir aux entreprises et aux particuliers par le biais de crédits "sains", mais aussi aux pays en voie de développement (par l'aide internationale) pour éviter une fracture mondiale irrémédiable. Or c'est sans doute facile à dire, mais difficile à réaliser : « Ni les États-Unis ni la France ne mettent assez l'accent sur le nettoyage», déplore Dominique Strauss-Kahn à l'approche du G20, « il n'est plus temps de débattre sur les méthodes, il faut agir ». Elégante façon de replacer Nicolas SARKOZY face aux réalités :car  c'est bien beau de gesticuler, de conspuer, et de jouer dans les médias les gros-bras avec les banquiers, mais pour l'instant, le Président de la République n'obtient pas les résultats que le monde attend de la France pour sortir de la crise.
Autre vérité économique qui détonne par rapport aux discours politiques actuels, il faut démystifier la problématique de la dette publique. Dans les temps actuels, nous avons impérativement besoin d'aller chercher la croissance, et donc d'investir dans notre pays en termes de logement, d'infrastructure, de nouveaux secteurs industriels, d'éducation et de formation, de relance de la consommation... Nous avons donc besoin de nous endetter publiquement pour lancer des chantiers qui permettront, demain, de relancer la croissance. Car contrairement à ceux qui affirment que le remboursement de la dette implique automatiquement la hausse des impots, « c'est le retour à la croissance qui désendettera le pays, donc il faut se donner les moyens de renverser la tendance. Pour cela, le déficit public doit se substituer pendant un temps à l'endettement privé. Laisser exploser les chiffres du chômage aurait des conséquences beaucoup plus graves que de creuser momentanément la dette ». Autre façon élégante de condamner la politique actuelle du gouvernement, qui nous la joue "petit bras" sur les mesures de relance au seul motif qu'il ne faut pas aggraver la dette publique, parce qu'il ne faudrait pas imposer davantage les Français - de la France d'en haut, s'entend.

Clairement, les analyses et les solutions de DSK font beaucoup de bien au débat public français. Au moment où droite et gauche se crispent sur des discours conservateurs, "petits-bras" et anxiogènes, le Président du FMI ose le pari de l'innovation, ose l'intervention étatique raisonnée, ose la défense des pays en voie de développement, ose la double dée qu'il faut s'appuyer sur l'économie de marché pour répondre aux besoins sociaux des gens, et s'appuyer sur les besoins sociaux des gens pour changer l'économie de marché. Bref, DSK démontre toute la pertinence de l'idéal social-démocrate, en démontant avec beaucoup de réalisme les mensonges des libéraux néo-classiques et des altermondialistes anticapitalistes.

Alors évidemment, une question hante nos esprits : et si le PS avait, en 2007, proposé la candidature de DSK plutot que celle de la prétresse de la "Fra-ter-ni-tude" ? Et si DSK avait gagné la présidentielle contre Sarkozy ? Nous n'en serions sans doute pas là où nous en sommes aujourd'hui, c'est-à-dire à peu près nulle part, sans aucune confiance dans l'avenir, sans aucun espoir pour le présent. Nous n'aurions pas un Président qui ne comprend strictement rien à l'économie, et dont les dogmes idéologiques néo-conservateurs et ultra-libéraux nous conduisent droit dans le mur ! Nous n'aurions pas un PS qui parle de tout et de rien, surtout de rien, et en tout cas pas de ce qui affecte les Français au plus intime de leur vie quotidienne.

Faut-il déduire de mon post que je me range définitivement du coté d'une candidature de DSK à la prochaine présidentielle, alors meme que mes engagements politiques me conduiraient naturellement à soutenir celle de François BAYROU ? Ceux qui se posent cette question n'ont décidemment rien compris. Il est plus que temps de nous préoccuper de 2009 plutot que de 2012, et de cesser d'observer la vie politique sous le prisme des stratégies politiciennes. Je ne suis pas au Mouvement Démocrate pour soutenir un candidat à la présidentielle. Je suis au Mouvement Démocrate pour soutenir des idées, des actions et des solutions que je crois capables d'aider les Français dans leur vie quotidienne, dès à présent. Et il se trouve que ce que j'ai entendu hier soir de la bouche de DSK - et que j'entendais déjà de sa part depuis plusieurs années - épousent parfaitement les convictions qui m'ont décidé à militer au sein du Mouvement Démocrate. Point barre !
Pour la suite, nous verrons bien ce qu'il en est au moment venu. La seule chose que je peux dire aujourd'hui, c'est que de la meme manière que la France a besoin aujourd'hui des idées défendues par François BAYROU, la France a aussi grandement besoin des idées défendues par DSK ; que ces deux séries d'idées sont cohérentes entre elles ; et qu'avant de jouer le "match" d'après, nous serions bien inspirés, tous, de jouer celui d'aujourd'hui.

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Rebé 09/04/2009 17:48

Sauf que.... DSK est loin d'être écolo, l'expression est même un euphémisme. Votre penchant social-démocrate vous fait omettre que la tendance pragmatico-productiviste de cet économiste nucléocrate n'est pas forcément compatible avec les principes écologiques.