Régionales 2010 : ca commence... doucement mais surement !

Publié le par Benoit PETIT



http://oueslati.univ-tln.fr/images/Manifs/eve1.jpg


Alors que les élections européennes peinent à décoller – la responsabilité en incombe manifestement aux médias nationaux qui font tout pour éviter le sujet de l’Europe – les élections régionales pour leur part commencent à s’installer (lentement mais surement) dans le paysage politico-médiatique local. Le Président VAUZELLE est-il menacé, au crépuscule de son second mandat ? Quelle courant de la majorité présidentielle obtiendra la très convoitée place de challenger ? Le Mouvement Démocrate s’alliera-t-il à la gauche pour maintenir l’institution hors de la « Sarkozie provençale et azuréenne » ?

Meme si ces questions évoquent des considérations presqu’exclusivement tactiques – et donc exaspérantes, car elles évacuent l’enjeu du projet – ce sont elles finalement qui cimentent l’adhésion de l’opinion à ce scrutin. La politique, c’est du spectacle : avant de découvrir les dialogues, il faut susciter l’intérêt grace au casting et à la bande annonce.

 

En l’occurrence, pour 2010, le scenario s’annonce prometteur chez nous. Certes, il y a la question de savoir si nos départements, parmi les plus sarkozistes de France en 2007, manifesteront cette fois dans les urnes leur déception à l’égard de la majorité présidentielle… deux ans avant l’élection supreme, l’indicateur sera précieux. Mais il y a aussi des enjeux locaux plus complexes : depuis quelques années le système « Gaudin » qui avait dominé depuis les années 1990 est en perte franche de vitesse - élections difficiles voir perdues (municipale de Marseille, Sénatoriales…), émergence d’une concurrence interne à droite (les amis de Christian ESTROSI, le clan des JOISSAINS…), résurgence de la gauche bucco-rhodanienne (vers un système « Guerini » ?) – si bien que les régionales 2010 permettront sans doute d’y voir plus clair dans le rapport de force politique de la prochaine décennie.

D’autant que la structure du paysage politique local – à l’instar du national – a profondément évoluée : l’installation du Mouvement Démocrate comme force politique autonome change la donne des alliances traditionnelles. De nouvelles combinaisons de coalition apparaissent possibles, d’anciennes disparaissent, et meme si beaucoup dépend de l’envergure électorale réelle du MoDem, plus personne à droite ou à gauche ne se risque encore à ignorer le parti de François BAYROU. La confrontation n’est plus frontale entre deux blocs : elle est diffuse, entre plusieurs blocs dont les influences électorales sont fluctuantes. En rien les régionales 2010 ressembleront aux régionales 2004 et 1998 !

 

Le casting n’est pas mal non plus, comme en témoigne l’entrée en campagne discrète (mais efficace) du Président VAUZELLE. Plutôt que de miser sur son « Plan régional de résistance à la crise » - le titre est plus éloquent que le fond – celui qui cherche à décrocher son 3e mandat successif préfère lancer une grande consultation sur le nom de notre région. La stratégie est astucieuse : il s’agit pour lui de casser (sans trahir) son image de militant altermondialisant, attaché en toutes circonstances aux valeurs de la gauche ouvrière, et qui entend préserver le développement économique de la Région des dangers du libéralisme économique ; il s’agit de lui substituer une image plus moderne, celle de l’homme qui entend redéfinir, avec la population, l’identité régionale du XXIe siècle, et qui par conséquent, par besoin de fédérer le plus grand nombre autour de lui, doit nécessairement se détacher de la rhétorique de la lutte des classes. De là à prédire un changement d’alliance électorale, traduisible par l’ouverture au MoDem et le renoncement à la gauche anticapitaliste, il y a un pas qui reste aujourd’hui très hasardeux à franchir. L’Homme a des convictions que les nécessités électorales – sauf à etre impérieuses – auront beaucoup de mal à changer. Michel VAUZELLE n’est pas Jean-Noel GUERINI : l’orange a pour lui moins de saveur que les fruits rouges !

 

Mais Michel VAUZELLE aura-t-il le luxe de choisir ses alliés ? Rien n’est moins sur car cette fois, il n’aura pas à croiser le fer contre « le fils de Provence »… c’est un véritable « Prince » de la droite régionale qui sera face à lui, un homme qui maitrise aussi bien que lui les subtilités de l’art de la politique, le Maire de la très puissante ville de Toulon, Hubert FALCO. Meme si la candidature n’est pas encore « officielle » (tout dépendra du score de l’UMP aux européennes, qui motivera ou pas sa décision), elle est souhaitée par l’Elysée qui ne veut pas exposer le chouchou Christian ESTROSI, ni froisser de trop les amis de Jean-Claude GAUDIN. Hubert FALCO a sans doute un déficit de charisme, mais il est un homme de réseaux et de consensus, au sein de la droite mais aussi au-delà. Pour l’Elysée, s’il perd, c’est pas grave ; s’il gagne – et le Maire de Toulon a toujours démontré son aptitude à gagner meme l’impossible – c’est pas grave non plus !

 

Et le Mouvement Démocrate dans tout ça ? Sans avancer de certitudes, je me contenterais de formuler un espoir : l’élection régionale se jouera autour des listes démocrates. Parce que leur existence politique renouvelle les logiques de l’élection ; parce que la naissance récente du Mouvement permet de renouveler l’offre des candidats, et de proposer des nouveaux « élus » ; parce que notre posture autonomiste nous conduira à proposer un projet inédit, alternatif aux « remakes » traditionnels que nous servent la droite et la gauche, et capable de fédérer de part et d’autre des lignes partisanes.

Je suis convaincu que si le Mouvement Démocrate sait tirer profit de l’innovation qu’il incarne potentiellement sur la scène politique locale, il saura attirer à lui une base électorale suffisamment puissante pour faire basculer, dans un sens ou un autre, la majorité régionale ; que dès lors, dans cette situation centrale, la coalition majoritaire se construira en grande partie autour du projet démocrate ; qu’enfin, les politiques qui en découleront seront empreintes des valeurs du développement durable et de l’économie sociale qui fondent notre action militante.

 

En définitive, peu importe le casting, le script et les effets spéciaux. Ce qui compte, c’est l’issue du film, le « happy end » que les habitants de cette région espèrent depuis des décennies. Ce qui compte, c’est d’éviter que PACA (ou n’importe quel autre nom) ne devienne la Floride de l’Europe, livrée au tourisme de masse, aux industries polluantes et à la désertification de nos territoires ruraux ; c’est de faire notre possible pour que notre région soit un modèle mondial de développement durable, capable de relever le pari des énergies renouvelables, de l’éco-urbanisme et de l’économie solidaire, de proximité et socialement responsable…  

 


« Come gather ‘round people, wherever you roam,

And admit that the waters around you have grown,

And accept it that soon, you’ll be drentched to the bone,

If your time to you is worth saving,

Then you’d better start swimming or you’ll sink like a stone,

For the times they are a changin’.”

   

Publié dans Archives

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

MECHIOUKHI 21/05/2009 23:36

le Président VAUZELLE fera un troisième mandat. C'est un grand homme .Contrairement à d'autre hommes politiques de notre région ,il n'a jamais pratiqué le clientalisme Et surtout la discrimination .Il a et il aura le soutien total des francos marocains de la région.

Achim 12/05/2009 16:35

L'extrait de la chanson est plutôt bien choisie; Ne reste plus qu'a engager Bob Dylan pour la campagne du Modem et le tour sera joué.