Enfin le reveil d'une partie de la gauche ? Il était temps...

Publié le par Benoit PETIT


REPRISE...  La rentrée politique a enfin sonnée, et ce blog reprend du service (avec un nouveau graphisme pour fêter ça). Ces quelques semaines de repos et de réflexion ont été les bienvenues, tant l'année 2008-2009 fut chargée...


L'année 2009-2010 s'annonce pour sa part encore plus dense : élections régionales et cantonales, décision du Conseil d'Etat s'agissant des élections municipales aixoises, recomposition du paysage politique en vue des présidentielles 2012... mais aussi le Sommet de Copenhague, la réforme des retraites (encore), la crise du chômage et la la lutte contre l'exclusion, la politique universitaire... BREF, que des enjeux de première importance !


 

Bienvenue donc sur mon blog pour une nouvelle année de commentaires et d'analyses. Merci à tous mes lecteurs  pour leur fidélité et leur confiance... allez hop... c'est reparti !

 

 



Daniel Cohn-Bendit, tête de liste Europe Ecologie en Ile-de-France et moteur du rassemblement des

 


Ce mois d’août n’aura pas été totalement vain. Progressivement, une partie de plus en plus importante de la gauche – qu’elle soit socialiste ou écologiste – commence à s’émanciper des « dogmes jospiniens » qui, à l’instar de celui de la « majorité plurielle » (l’alliance PS-PCF-Verts-PRG), plombent l’avenir de la gauche depuis 2002. A la bonne heure ! Comme l’a récemment rappelé Vincent PEILLON, une présidentielle se gagne sur les bases d’une profonde mutation des appareils partisans et des alliances majoritaires… ne serait-ce que pour coller aux besoins et aux réalités des Français, lesquels ne sont évidemment plus les mêmes depuis 1997. Il était temps de s’en rendre compte !

 

C’est ainsi que les deux premières universités d’été 2009 – celles d’Europe Ecologie (Cohn-Bendit) et Espoir à gauche (Peillon) – mais également les coups de gueule musclés d’Arnaud MONTEBOURG et de Manuel VALLS dans la presse écrite, ont jeté au centre de la table le plat que tout le monde évite soigneusement depuis le début : l’ouverture vers d’autres forces politiques que celles issues de la gauche stricto-jospinienne. Chacun aura compris que le MoDem est directement concerné, mais pas seulement. Il ne s’agit pas d’associer des structures politiques comme si nous étions dans un entre-deux tours, mais de repousser au maximum le périmètre d’un électorat capable (s’il est uni derrière un seul candidat) de mettre Nicolas SARKOZY et son projet néo-conservateur en minorité !

 

Bien évidement, l’idée fait grincer quelques dents. On l’a d’ailleurs bien vu chez Europe Ecologie où les militants des Verts, à la fois nostalgiques de l’époque jospinienne et acharnés à imposer un rapport de force plus profitable vis-à-vis du PS, refusent de suivre COHN-BENDIT sur les voies de l’ouverture au MoDem. Ces réfractaires sont le plus souvent des apparatchiks, mais ils sont surtout pleins de contradictions : ils veulent jouer la carte de l’autonomie vis-à-vis des socialistes, parfois même avec des mots très durs, mais ils refusent que les socialistes évoluent dans leurs alliances… car de facto, si le PS s’ouvre au MoDem au premier tour, la gauche écologiste se retrouvera indirectement alliée de Bayrou au second…

L’on comprend mieux les malaises de Cécile DUFLOT, la Secrétaire nationale des Verts, face au discours de Dany : non seulement elle doit assumer a posteriori les orientations de son leader (alors qu’elle y est foncièrement hostile), mais elle doit dans le même temps rassurer l’appareil du PS et les militants historiques des Verts sur le fait que ces aspirations d’autonomie sont maîtrisées et contenues. L’idée d’Europe Ecologie, ça lui allait bien lorsque le concept visait seulement un score entre 5 et 10%... mais maintenant que la machine s’est emballée, que tout le monde y croit, et que la France entière a les yeux braqués sur les Verts et leurs tensions internes historiques, les choses sont bien moins marrantes. Il fallait sans doute cela pour mettre ce fameux coup de pied dans la fourmilière que les écologistes ont toujours hésité à porter !

 

Oui ! La refonte des partis et des alliances crééent la polémique, et les Universités d’Eté du PS vont inévitablement l’amplifier. Tant mieux ! Que toute la France l’entende : la gauche commence enfin à sortir de sa léthargie, certains se rebellent, et même s’il est peut-être trop tard pour sauver 2012 (car Nicolas Sarkozy a beaucoup d’avance sur tout le monde), la dynamique ne sera en tout cas pas vaine pour 2017. Il faut juste qu’elle perdure et qu’elle s’amplifie.


 

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Alors question : et le MoDem dans tout ça ? Certes, le plan de François BAYROU ne se déroule pas tout à fait comme prévu au départ : le PS se remet à bouger (un peu), Europe Ecologie a démontré que son espace était concurrentiel, et le discours anti-sarkoziste qui avait fait sa force s’est finalement retourné contre lui, jusque dans son image médiatique. Mais dans le même temps, « Il » est devenu incontournable : si la gauche bouge, c’est parce qu’il la stimule ; et l’idée de rassembler le plus largement possible toutes les oppositions républicaines et progressistes, c’est son idée à lui.

 

François Bayrou – on le sait tous – a envie d’y aller, en 2012 : la politique est un vaste shaker, où les circonstances d’aujourd’hui n’auront rien à voir avec celles de demain, encore moins celles d’après demain, si bien que rien ne dit que les choses ne se présenteront pas sous des auspices plus favorables pour les démocrates dans quelques mois. Il n’a donc pas intérêt à lacher la pression sur sa candidature, ne serait-ce que pour rester dans le jeu des présidentiables… Bayrou verra bien le moment venu ce qu’il doit décider.

Mais d’ici là, il serait stupide pour le Mouvement Démocrate de s’exclure de la question de la rénovation des alliances à gauche par uns stratégie d’autonomie à tout prix. Les régionales sont les dernières élections avant le moment de vérité, et si les municipales ont été l’occasion de démontrer que des interactions étaient possibles avec les socialistes, les régionales doivent être la preuve que l’expérience fonctionne sur une plus grande échelle. En tout cas, François Bayrou n’y est pas hostile si l’on en croit le déplacement de deux vice-présidents nationaux du MoDem aux Universités d’Eté de Vincent Peillon… espérons que les choses se passeront ainsi.

 

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Je pense tout particulièrement à la région PACA où ces « expériences municipales » se sont révélées réussies (Marseille et Aix, notamment) et où la menace d’une victoire de la droite reste une hypothèse sérieuse. Si nous avons réussi, dans une ville aussi compliquée qu’Aix-en-Provence, à tomber d’accord dès le premier tour sur un projet, et à créer une harmonie et une solidarité entre nos équipes militantes respectives, personne ne me fera croire que cela est impossible à faire au niveau régional. Nous pouvons nous unir parce qu’il y a un fort risque que la droite la plus sarkozienne de France s’empare du Conseil régional. Mais nous devons nous unir parce que nos concitoyens attendent de nous, oppositions, que nous leur proposions une vraie alternative politique.

 

Nous verrons bien comment les autres structures envisagent la problématique des alliances dans les prochains jours, les prochaines semaines, les prochains mois.  Nous allons sans doute constater la montée aux créneaux de toute la gauche conservatrice, celle qui continue à prôner les alliances d’appareils de l’ère « Jospin-Hollande »… la rupture des gauches semble se confirmer de jour en jour. Elle sera évidement douloureuse et longue, mais elle sera aussi salutaire. Parce que c’est le sens de l’Histoire, un cap qui a été emprunté par toutes les gauches occidentales il y a maintenant plus d’une dizaine d’années.

 

 

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