Primaires : tout le monde est pour... mais parle-t-on de la même chose ?

Publié le par Benoit PETIT




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Ce qui est formidable avec la polémique, c'est qu'elle ne perd jamais de temps à s'emparer d'une bonne idée. L'exemple de la semaine ? Les primaires... de qui ? de quoi ? Ben justement, c'est là où elle nait, la polémique !


Car vous avez ceux qui prônent des "primaires ouvertes" aux autres formations - avec comme sous-catégorie ceux qui veulent seulement ouvrir aux formations de la gauche jospinienne classique, et ceux qui veulent aller au-delà, jusqu'au MoDem - et puis vous avez les autres, les sceptiques de la première heure qui se contenteront maximum de "primaires fermées", c'est-à-dire simplement destinées à départager les candidats socialistes.

Le temps des engueulades ne fait que commencer... (hélas, trois fois hélas).

Juste pour mémoire, les primaires fermées n'ont pas été une excellente opération pour le PS en 2006. Cela a amplifié les tensions internes contre la candidate victorieuse, et l'on voit aujourd'hui encore les résultats désastreux que cela a causé. Et puis très honnêtement, si l'on veut éviter un positionnement hégémonique des socialistes dans leur prochaine coalition - hégémonie qui agace tout le monde, particulièrement les écologistes - il vaut mieux éviter ce genre de petite "singularité" socialo-socialiste.

Seule l'hypothèse de primaires ouvertes semble pertinente. Parce qu'elle implique, par nature, le rassemblement au-delà des partis. Mais dans le même temps, elle implique aussi le recul des appareils partisans vis-à-vis du (de la) candidat(e), et c'est finalement là que le bâs blesse... pour les opposants à Ségolène Royal en tout cas. Personnellement, je ne bouderais jamais mon plaisir de voir les logiques de partis être nuancées...

Et puis il y a cette fichue question des limites de l'ouverture... MoDem ou pas MoDem ? Et puis est-ce que François Bayrou a réellement envie de jouer à ce jeu des primaires ? Sans doute pas. Alors pourquoi risquer de se causer des ennuis avec une partie des militants ?

Bref... on voit d'ores et déjà poindre le nez du sabotage dans cette histoire de primaires. Sabotage parce que Ségolène. Sabotage parce que le MoDem... mais surtout, sabotage parce que certains conservatismes bien ancrés dans les appareils se refusent à penser la vie politique différement.

Clairement, ces prochaines semaines, tout le monde au PS (ou presque) va dire qu'il ou elle est pour le "principe" des primaires... mais pour les modalités, on verra plus tard (quand ?). Pourquoi pas, finalement. Il faut éviter effectivement de se précipiter si l'on veut bien faire.

Mais la vraie question reste ces fameuses modalités. Ce sont elles qui définiront la capacité du PS a transformer son espace et à penser la politique autrement... ou pas.  Restons attentifs : qu'ils soient tous pour est un bon début, mais l'épreuve de vérité sera de savoir si nous (forces progressistes au sens large) auront l'audace d'aller jusqu'au bout de la démarche !

Publié dans Archives

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Benoit PETIT 25/08/2009 00:25

Je partage à 2000 % ce point de vue.

Laurent Lesbats 24/08/2009 21:06

Notre tâche essentielle est de mettre sur pied un projet et de le faire connaître. Le paysage politique changera en notre faveur le jour où nous aurons un programme visible et lisible.Les thèmes à développer pour  les Régionales sont d'abord régionaux. Il revient à nos organisations et à nos militants d'établir des programmes régionaux en mettant en avant l'économie sociale et le développement des énergies soutenables. Soyons sociaux et écologistes.Nous devons nous adresser à toutes celles et à tous ceux qui souffrent de la politique actuelle, et d'abord de celles et ceux qui en souffrent le plus. Nous ne rassemblerons pas une majorité si nous privilégions les classes moyennes. Soyons un parti populaire, en nous démarquant du populisme.