Les désillusions vis-à-vis du gouvernement ne font que commencer...

Publié le par Benoit PETIT


The image “http://www.impots-utiles.com/mt-static/FCKeditor/UserFiles/Image/r%C3%A9forme-gouvernement-%C3%A9conomies.jpg” cannot be displayed, because it contains errors.


« Travail ». Voila le mot-slogan choisi par le Gouvernement pour rythmer sa rentrée. Un mot qui inspire le sérieux, la détermination et la modestie. Un mot qui rassure. Un mot qui endort, surtout ! Parce qu’il ne faut absolument pas attirer de trop l’attention des Français sur l’orientation des politiques qui sont menées : cela pourrait en décevoir plus d’un de ces électeurs qui, en 2007, ont réellement cru qu’ils gagneraient plus ; qui, en 2008, ont réellement cru que l’on allait remettre rapidement de l’ordre et de l’éthique dans l’économie ; qui, en 2009, ont réellement cru que le Gouvernement s’attacherait à améliorer les conditions sociales des plus fragiles… « Travail »… le dernier mirage en date destiné à chasser tous les précédants de nos mémoires.

 

Heureusement plus les jours passent, plus les (nombreuses) désillusions se dévoilent, et avec elles les réelles convictions économiques et sociales de la majorité présidentielle. Cette certitude solidement ancrée que nos grands industriels et banquiers sont des divinités du marché contre lesquels on ne peut rien, et surtout contre lesquels on ne doit rien leur contraindre. Cette idée fixe qui veut que l’on relance la croissance non pas en stimulant le pouvoir d’achat et la consommation, mais en stimulant la production de biens et de services (que personne ne peut acheter, puisque peu ont les moyens de dépenser). Ce dogme en vertu duquel il faut réduire la dette en tranchant à la hache dans les dépenses publiques (hopitaux, éducation nationale, justice, universités…), et ce contre-dogme qui autorise l’Etat à s’endetter sans contreparties pour réparer les bourdes mondiales des banquiers et des financiers privés…

 

C’est à hurler tellement ce sont des politiques stupides ! Voila que désormais, le Président de la République en est à supplier les banquiers de renoncer volontairement à leurs comportements indécents ! Mais qu’il assume sa fonction !! Qu’il prenne cette fichue décision d’appliquer des « nationalisations-sanctions », le temps pour l’Etat de remettre un peu d’ordre dans les conseils d’administration avant de rendre la banque au secteur privé. Cela n’a rien d’une décision de droite, de gauche ou centre : c’est du bon sens pédagogique. C’est surtout ne pas accepter que ceux qui ont mis les Français dans la panade continuent à faire des pieds de nez à leurs victimes.

 

Ben non. La seule chose qui semble intéresser le Gouvernement et la majorité présidentielle, c’est la carte électorale. Pas l’éthique du marché.

Il faut dire que la galaxie Sarkozienne commence à s’inquiéter : l’illusion ne va pas tenir longtemps, et un jour ou l’autre, prochain, les électeurs vont exprimer leur colère. Rien de tel qu’une gomme et un crayon pour se dessiner un avenir plus… sécurisant. Et comme il s’agit d’une demande expresse du Conseil constitutionnel, l’excuse et la justification sont toutes trouvées. C’est épatant, la vie politique : ils n’apprennent pas à se battre pour les gens, mais ils excellent dans l’art d’organiser leur fuite en avant permanente.

Le bon sens aurait voulu que l’on procède à une grande réforme de notre droit électoral. Par exemple, le Gouvernement aurait pu changer les règles liées au financement des campagnes et des partis (pour plus de transparence, d’égalité et d’ouverture vers les jeunes et les personnes modestes) ; changer le mode d’élection du Sénat, pour en faire une chambre de représentation élue à la proportionnelle (en une fois) ; laisser des comités citoyens départementaux faire des propositions quant au redécoupage des circonsciptions, dans le cadre d’un vaste débat public transparent et contradictoire ; renforcer les règles éthiques qui doivent s’imposer dans toute campagne électorale, et notamment en direction du respect des personnes et de la parole dite… rien de tout ça n’est arrivé. On a juste fait quelques soustractions, quelques additions, quelques analyses politiques et statistiques… bref, la tambouille habituelle quoi.

 

Cerise sur le gâteau : « l’on s’autorise à penser, dans les milieux autorisés » que Frédéric LEFEBVRE entrerait au gouvernement, dans un secrétariat d’Etat à la consommation. Je passe sur les raisons profondes qui sous-tendent cette « réaffectation » (toujours cette foutue tambouille) pour simplement remarquer qu’il n’a pas le profile idéal pour soutenir la consom’action citoyenne, les « class actions »  ou l’économie verte et sociale…


… encore une conviction économique et sociale de la majorité présidentielle, sans doute… (soupirs)       

Publié dans Archives

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article