Emprunt national ? Quand Sarko ressort les coups de com de l'époque Balladur

Publié le par Benoit PETIT


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A priori, l’idée du Président de la République de lancer un grand emprunt national pour financier des actions ciblées vers la reprise et l’après-crise semble une bonne idée. En termes d’utilité, il est bien évident que tout investissement dans l’économie de la connaissance et la croissance verte est bienvenu. Et puis un « emprunt national », ca sonne sérieux dans les médias. Ca donne l’impression que l’on prend des décisions exceptionnelles, que l’Elysée mouille la chemise… Et bien il n’en est rien. Comme à l’accoutumée, cette histoire d’emprunt national est de la poudre aux yeux sensé masquer la faiblesse des politiques économiques et sociales du Gouvernement. Du bluff avec du vent !

 

Tout d’abord, tordons le cou à l’idée selon laquelle cet emprunt national est une initiative du Président de la République. C’est une obligation, pas autre chose ! Obligation parce que le plan de relance de la France est insuffisant (0,8% du PIB là où l’Allemagne met 1,4% et le Royaume Uni, un peu plus de 1%). Obligation parce qu’il est mal constitué : 11 milliards sont des avances de trésorerie aux entreprises, dont moins de 10 milliards sont des crédits ‘frais’ injectés dans l’économie (c’est 5 fois moins que l’Allemagne, 2 fois moins que le Royaume Uni et l’Espagne)… alors que la Commission européenne recommande, a minima, 30 milliards d’euros de ces crédits ‘frais’ !! Si Nicolas Sarkozy lance un emprunt national, c’est uniquement parce qu’il y est contraint par ses carences passées, et parce que l’Europe le file au train !    

 

Ensuite, force est de dire que cet emprunt n’a rien de novateur. Il s’agit d’un mécanisme qui est bien connu de tous les acteurs de la banque et de la finance : les « OAT accessibles aux particuliers» (sur le modèle de l’emprunt « Balladur » d’antant). Sans entrer dans les détails techniques, les économistes s’accordent à dire que l’emprunt se résume à un « coup de communication politique », puisque les « OAT accessibles aux particuliers » sont des produits déjà distribués depuis longtemps au grand public dans les agences bancaires. Pour « Terra Nova », Thomas Chalumeau évoque « l’art du recyclage ». Effectivement, ça y ressemble étrangement.

 

Bref, prenez-le dans le sens que vous voulez : l’emprunt national n’est rien d’autre qu’un coup média destiné à corriger un plan de relance que l’Europe considère (à juste titre) comme médiocre. Ni plus, ni moins.

La problématique qui se posait ainsi l’année dernière, avant le plan de relance, reste donc inchangée : comment orienter l’effort d’endettement et d’investissement publics, pour le rendre le plus efficace possible, pour l’économie bien sur, mais pour les gens et l’environnement surtout ?

 

Rien ne permet de dire que cette fois-ci, la réponse donnée par le gouvernement sera satisfaisante. Car même si l’on peut se rassurer en visant la qualité de certaines personnalités qui composent la Commission « Rocard-Juppé » (Nicole Notat notamment) – d’autres personnalités sont en revanche plus « anxiogènes » (Catherine Cesarsky, Haut commissaire au CEA nucléo-baba) – les bonnes propositions qui pourraient sortir de cette commission risquent fort de se heurter aux dogmes idéologiques stupides qui structurent la majorité présidentielle… hélas !

 

La doctrine sarkozienne est limpide. Elle s’inspire d’une longue tradition ultra-libérale qui veut que l’Etat s’abstienne d’intervenir de trop dans l’économie et l’industrie, notamment pour investir dans le social et l’environnement. Tout au plus peut-on saupoudrer l’économie française de quelques poussières en ces matières, histoire de donner le change aux oppositions dans les médias, et parce que les circonstances mondiales l’imposent. Mais hors de question d’investir massivement sur ces problématiques… l’emprunt national ne sera pas conçu pour armer suffisament l’économie française – et le pays – face aux mutations qui boulversent le capitalisme mondial.

 

Non. Trois fois non. L’emprunt national sera aussi pauvre que le plan de relance. Nicolas Sarkozy, le Gouvernement et l’ensemble de la majorité présidentielle resteront fidèles à leur image : aucune intuition, aucune ambition pour la société, aucun sens de l’entreprise et de l’innovation… juste des gestionnaires de médias, qui montent des « coups » pour mieux éblouir, puis endormir, les Français avec des paillettes de rêve…(soupirs – gros soupirs)

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Laurent Lesbats 26/08/2009 17:13

Pourrais-tu retrouver le discours d'Adrien Zeller sur l'emprunt de Nicolas sarkozy ?Je ne sais plus où je l'ai trouvé. Merci.