"Primaire... ou secondaire ?" : réponse à Gaelle LENFANT

Publié le par Benoit PETIT



Dans l’un de ses derniers (très bon) billets, Gaëlle LENFANT (LIRE ICI) exprime sa position sur le projet de primaires, et particulièrement son scepticisme. Parmi les nombreuses qualités que j’apprécie chez Gaëlle, elle exprime ses convictions avec du fond, avec beaucoup de sincérité aussi, et dans une période politique comme la notre, où tous les bords manquent cruellement d’idées et de convictions, ces qualités sont une valeur rare.

L’on penserait que je suis en désaccord avec Gaëlle. En fait, pas du tout : je suis en tout cas parfaitement d’accord avec l’esprit qui anime, selon moi, son texte.

 

L’essentiel est que si cette question des primaires est envisagée « classiquement » par les partis et les médias, c’est-à-dire comme un mécanisme politicien destiné à rapprocher artificiellement des appareils partisans, alors autant mettre un point final immédiatement à l’affaire. Ce n’est pas ce que les Français attendent de nous. Laissons à l’UMP ces tactiques factices qui, dans leurs dernières actualités (l’intégration du MPF et de CPNT), provoquera tôt ou tard le dégout de nos concitoyens.

Gaëlle a parfaitement raison d’attirer notre attention sur ce risque. Et la meilleure manière de faire les choses est de sortir la question des appareils du débat. Des primaires… mais pour quoi faire ?!

 

Je ne sais pas si Gaelle me rejoindra, mais pour moi, des primaires sont absolument à mettre en place si elles peuvent aboutir à gagner la présidentielle en 2012. Gagner pour changer les choses qui doivent l’être, d’urgence, sur le fond : les institutions (le Sénat, les modes d’élections, la séparation effective des pouvoirs…), les politiques environnementales et sanitaires (pour une lutte contre les pollutions, pour la transformation des modalités de transports, pour le sauvetage de l’Hopital public, pour la préservation de l’eau…), les politiques sociales (pour une vraie lutte contre l’exclusion, pour l’avenir des retraites, pour la future branche dépendance de solidarité nationale, pour la responsabilité sociale des entreprises…).

Et puis, surtout même, la préservation des valeurs républicaines fondamentales : la laïcité, l’école publique pour tous, la justice sociale…

 

Est-ce que ce périmètre d’intervention peut fédérer la plupart des sensibilités de gauche ? Je le crois. Je crois également que beaucoup des militants du MoDem viennent de la gauche, et qu’ils sont tout aussi légitimes que les autres pour œuvrer à ce projet de société. Je pense également (et là, c’est sans doute une différence d’opinion avec Gaëlle, mais une différence non déterminante) que ce projet de société peut réunir au-delà de la gauche, et notamment l’écologie politique non-Verte ou les démocrates qui ne viennent pas de la gauche.

Mais peu importe encore le périmètre… cette question se posera le jour où nous réintroduirons la question des appareils dans le débat. Le plus tard possible. D’ici la, si l’idée de primaires est utile pour gagner les présidentielles, commençons d’abord par travailler un projet de société qui vaille le coup, ceux qui le veulent en tout cas sincèrement, sans arrières pensées politiciennes.

 

L’espoir n’est qu’une étincelle qu’il faut nourrir chaque jour un peu plus, si l’on veut qu’il embrase la société… et pour moi, l’espoir c’est 2012… parce qu’il n’y a pas d’autre option au regard des situations sociales et écologiques du pays.         

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Gaëlle Lenfant 01/09/2009 21:31

Bonsoir Benoît,Je viens juste de lire ton billet (pas vraiment eu le temps de lire ton blog le week-end dernier...)D'abord merci de tes compliments, mais surtout de ton analyse constructive. Je précise, s'il en était besoin, que ce n'est pas ici le PS qui s'adresse au MODEM, mais que nous nous connaissons, et qu'au delà de nos divergences, j'apprécie le dialogue que l'on peut avoir ensemble, et c'est pour cette raison que je souhaite te répondre. Je te rejoins sur le fait que de nombreux électeurs attendent de pouvoir glisser un bulletin de gauche dans l'urne. Et qu'ils attendent de le faire non pas par dépit, mais parce qu'ils auront la certitude que ce geste citoyen leur permettra de (re)construire la France, celle qu'on aime pour reprendre la thématique de La Rochelle. La France des libertés, de l'équité sociale, de la laïcité, de l'humanisme, de l'imagination, de la culture... Une France ouverte et progressiste.Oui, si les primaires sont le sésame pour cela, mille fois oui. Et oui, dans l'absolu, pour transformer notre façon de faire de la politique, en y associant le plus de citoyen-nes possible. Les appareils, qu'il s'agisse du PS (qui a déjà commencé) ou d'autres doivent se transformer. J'ai déjà eu l'occasion de dire ma pensée à ce sujet. Mais nous avons un sacré défi à relever dans un temps limité : arriver à faire de ces primaires une nouvelle ère politique, et non pas des écuries présidentielles ravageuses... Cela dit, si tu es prêt, toi, à voter aujourd'hui pour un-e candidat-e de gauche en 2012, c'est que nous sommes sur la bonne voie et cela me réjouit ;-)Bien à toi,Gaëlle