J.-P. SAEZ : un verbe aussi fleuri que celui de JOISSAINS !

Publié le par Benoit PETIT


Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, la vie politique aixoise continue de se singulariser par son grotesque. Cette fois-ci, c’est à la Communauté d’agglomération du Pays d’Aix que se révèle (si besoin en était encore) toute l’ampleur de la farce démocratique que les amis de Madame JOISSAINS nous jouent depuis des mois… des années ! Et parmi les nouveaux personnages qui se mettent désormais en scène, Monsieur Jean-Pierre SAEZ, Maire (UMP) de Venelles et Vice-président communautaire en charge du Développement durable (on en rit… jaune) dont on apprend, en lisant le compte-rendu de séance publié par Nicolas REY de « La Provence », qu’il se serait fendu en pleine séance d’un fort élégant : « vos conflits aixois, on en a rien à foutre ici ».

 

Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer lors de cette séance communautaire pour mettre M. SAEZ dans pareille colère ? La réponse laisse perplexe. Suite à la démission d’un conseiller communautaire aixois de la majorité de Mme JOISSAINS (lequel était à la fois salarié et élu de l’institution… art. L.5211-7, II, al.2 du Code général des collectivités territoriales), la place laissée vacante n’a pas été repourvue. Sachant que le nombre de sièges réservés aux « Aixois » est de 48, et que le nombre de conseillers municipaux de la majorité de droite est de 42 (tous conseillers communautaires), remplacer le démissionnaire implique de facto de faire appel à un conseiller municipal de… l’opposition. Impensable pour le clan « Joissains » et leurs amis UMP-Nouveau Centre.

 

Question : que se passe-t-il lorsqu’une place de conseiller n’est pas pourvue au sein d’une délégation ? L’article 5211-8, al.5 du Code général des collectivités territoriales dispose que lorsqu’un conseil municipal néglige ou refuse de désigner ses délégués, seuls le Maire et son premier-adjoint ont le droit de voter au sein de l’institution communautaire. En l’occurrence, la délégation aixoise n’étant plus au complet depuis la démission, seuls Maryse JOISSAINS et Jean CHORRO sont légitimes pour représenter la Ville… en tout cas jusqu’à ce que la « négligence » soit comblée, c’est-à-dire le temps de désigner normalement le nouveau conseiller communautaire de l’opposition. C’est sans doute difficile à avaler pour la droite aixoise, mais c’est la Loi. Une institution qui n’est pas régulièrement composée, n’est pas légitime pour prendre des décisions. Soit ils acceptent qu’un nouvel élu communautaire d’Aix, issu de l’opposition, vienne combler le siège laissé vacant, soit ils assument de ne représenter la Ville qu’à deux élus. Mais à défaut de choisir entre l’une ou l’autre hypothèse, ils risquent fort d’entacher toutes les futures décisions de l’institution par une sévère illégalité.

En tout état de cause, après la démission d’un conseiller communautaire, l’institution ne peut pas se comporter comme si rien ne s’était passé, sans jamais désigner de successeur au démissionnaire (alors qu’il existe des successeurs possibles), encore moins s’entêter à refuser d’appliquer la procédure prévue à cet effet par la Loi. D’autant que l’incompatibilité qui a provoqué la démission était parfaitement anticipable (puisqu’évidente), et si blocage il y a aujourd’hui, c’est uniquement en raison de la légèreté avec laquelle la CPA est gérée et administrée.

 

Alors clairement, le « rien à foutre » de M. SAEZ est ahurissant de surréalisme. Il me rappelle ces types qui gueulent parce que les gendarmes les ont piqués en excès de vitesse sur l’autoroute. Ben ouais, t’arriveras moins vite à destination, mais la prochaine fois, t’auras qu’à respecter les règles !

Mais qu’est-ce donc que cette mentalité qui consiste à dire que ceux qui soulèvent une question de droit – de surcroît essentielle, car elle a des conséquences directes sur l’argent du contribuable et l’aménagement de notre territoire – ne sont finalement que des emmerdeurs ? Faut-il comprendre derrière les (gros) mots de M. SAEZ que l’on peut finalement s’accomoder des règles légales, réglementaires et statutaires, dès lors que la majorité politique le décide ainsi ? Personnellement, j’appelle cela une « République bannanière ». Et tant qu’à s’arranger avec les règles, pourquoi ne pas carrément choisir son oppos… pardon, ça a déjà été tenté par Maryse JOISSAINS au premier Conseil municipal d’après les élections 2009.

 

Hélas, en Pays d’Aix, ceux qui sont au pouvoir s’autorisent des comportements qui n’ont pas lieu d’être en République : accusations violentes et sans fondements contre le Conseil d’Etat, brimades systématiques contre l’opposition, dénigrement du droit élémentaire de déposer un recours contre des élections douteuses, refus d’appliquer la Loi sur l’instauration des Conseils de quartiers… Pour les proches de Maryse JOISSAINS, il est essentiel de faire passer l’idée (saugrenue) auprès de l’opinion qu’ils sont des victimes…

Des victimes ? Peut-être, mais uniquement de leurs propres turpitudes ! Ras-le-bol de ce système pervers qui veut que tout un tas de blocages se manifeste chaque mois, uniquement parce que les décideurs sont incapables de respecter les règles du jeu dès le départ. Assez de se faire donner des leçons par des élus qui ignorent les problèmes juridiques, en fonction de leurs petits intérêts et de leurs grands caprices. Marre de lire régulièrement les dérapages verbaux de ceux qui, soit disant, nous représentent. Le Pays d’Aix vaut mieux que cela. Le Pays d’Aix peut mieux que cela.

 

Allez. Patience. Un jour prochain, c’est sur, le Pays d’Aix retrouvera sa dignité politique…   

Publié dans Archives

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Benoit PETIT 25/10/2009 14:48


Amen, comme ils disent !


Jean Cartier 25/10/2009 07:50



"Il ne faut pas prendre les gens pour des cons. Il
y a assez de cons qu'on prend pour des gens."


Guy Bedos